Le dernier clip de Mylène Farmer, intitulé « C’est à qui le tour », a été mis en ligne et suscite déjà de nombreuses réactions. Réalisé par la cinéaste Julia Ducournau, Palme d’or 2021 pour « Titane », ce vidéogramme se distingue par sa charge symbolique et son esthétique soignée.

Une esthétique épurée au service du sens

Dans ce court-métrage musical, la chanteuse apparaît seule, mise en scène avec une économie de moyens qui contraste avec certains de ses précédents vidéogrammes. L’image est travaillée en clair-obscur, les plans sont resserrés sur le visage de l’artiste, dont les expressions traduisent une forme de mélancolie et d’introspection. Julia Ducournau, connue pour son cinéma radical et sensoriel, a opté pour une approche minimaliste qui met en avant la vulnérabilité de l’interprète.

Une œuvre aux allures de testament artistique

Au-delà de la dimension esthétique, le clip est lu par de nombreux observateurs comme une œuvre testamentaire. Les paroles interrogent le passage du relais — « C’est à qui le tour » — et laissent entendre une possible conclusion de carrière, ou du moins une pause significative. Certains plans évoquent des moments clés de la carrière de la chanteuse, comme des rappels visuels à ses précédents clips et à ses tenues de scène emblématiques. Cette mise en abyme autobiographique renforce l’impression d’un au revoir, d’une boucle qui se referme.

La collaboration avec Julia Ducournau

Le choix de Julia Ducournau pour la réalisation de ce clip n’est pas anodin. La cinéaste, qui a marqué le cinéma d’horreur et de genre avec « Grave » et « Titane », apporte une sensibilité particulière au corps et à la transformation. Cette alliance entre deux figures féminines majeures de la culture française — l’une dans la musique, l’autre dans le cinéma — a été saluée par les fans comme un événement. La chanteuse avait déjà travaillé avec des réalisateurs de renom, comme Laurent Boutonnat, mais il s’agit ici d’une première collaboration avec Ducournau.

Des réactions partagées entre émotion et interrogation

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont nombreuses et partagées. Une partie des admirateurs de Mylène Farmer voit dans ce clip une déclaration d’intention, un signal de retrait progressif de la scène. D’autres y perçoivent au contraire une simple exploration artistique, sans lien avec une décision de carrière. La chanteuse, qui fête cette année plusieurs décennies de carrière, n’a pas fait de déclaration officielle sur une éventuelle retraite. Le mystère reste entier, ce qui alimente les spéculations.

Un clip qui marque un tournant dans l’œuvre de l’artiste

Quelle que soit l’intention réelle, « C’est à qui le tour » constitue un jalon important dans la filmographie de Mylène Farmer. Le clip, par son dépouillement et sa densité symbolique, s’inscrit dans la lignée des œuvres de maturité où l’artiste se livre avec une franchise inédite. Il invite à une relecture de l’ensemble de sa carrière, à travers le prisme du temps qui passe et des cycles qui se terminent.

Julia Ducournau, de son côté, confirme sa capacité à passer du long métrage au format court tout en conservant une signature visuelle forte. Cette collaboration pourrait en annoncer d’autres, dans un univers ou l’autre.

En attendant, les fans continuent de décortiquer chaque image, chaque plan, chaque parole, dans l’espoir de percer le mystère de cette œuvre aussi belle qu’énigmatique.