Les autorités du comté de Humboldt, en Californie, ont révélé avoir découvert les restes de 117 chiens, dont 70 présentaient des fragments de balle lors des radiographies, sur le terrain d’un refuge se présentant comme un établissement « sans euthanasie ». L’établissement, baptisé Miranda’s Rescue Animal Sanctuary, est situé à Fortuna, à environ 460 kilomètres au nord de San Francisco. Les fouilles, menées dans le cadre d’une enquête pour cruauté envers les animaux, fraude et vol, ont aussi permis de retrouver environ 600 colliers canins, 21 crânes supplémentaires, des centaines d’os ainsi que six micropuces détachées.

L’affaire a débuté en avril, lorsque le bureau du shérif du comté de Humboldt a été alerté par des informations jugées « crédibles » concernant des soupçons de sévices graves, d’escroquerie et de complot en lien avec le fonctionnement du refuge. Selon des informations de médias locaux, l’enquête a été déclenchée après qu’un voisin a pénétré sans autorisation sur la propriété et déterré ce qu’il pensait être des chiens enterrés. Les investigations ont ensuite révélé un écart frappant entre les entrées et les sorties d’animaux : depuis le début de l’année 2025, le centre avait accueilli 900 chiens, mais seules 116 adoptions avaient été enregistrées, laissant plus de 700 animaux sans trace.

Recherches sur le terrain

Les forces de l’ordre ont exécuté un second mandat de perquisition le 23 juin sur la propriété de 20 hectares. Deux zones de fouille ont livré les corps intacts des 117 canidés, à divers stades de décomposition. Les examens préliminaires indiquent que la cause de la mort de la plupart d’entre eux est une blessure par arme à feu. Un bâtiment agricole a également été identifié comme le lieu probable où les mises à mort auraient été effectuées.

Réactions et absence de poursuites

La propriétaire et responsable de l’établissement, Shannon Miranda, a réagi publiquement avant même la mise au jour des dépouilles. Dans une déclaration en ligne, elle a estimé que la couverture médiatique et les commentaires sur les réseaux sociaux donnaient de l’affaire « une image incomplète et, dans certains cas, inexacte ». Elle a appelé le public à « considérer tous les faits avant de tirer des conclusions ». À ce stade, aucune charge pénale n’a été retenue contre elle, et l’enquête se poursuit.

Le bureau du shérif a confirmé que les investigations se concentrent sur des allégations de maltraitance animale au premier degré, de cruauté, de fraude et de conspiration. Les autorités locales poursuivent l’analyse des preuves, notamment l’examen des micropuces retrouvées et l’identification des restes. L’affaire a provoqué une vive émotion dans la région et relance le débat sur les pratiques des refuges dits « sans mise à mort » et les contrôles auxquels ils sont soumis.