La canicule qui sévit sur une large partie du territoire contraint EDF à des mesures supplémentaires sur son parc nucléaire. Après l'arrêt de quatre réacteurs ces derniers jours, l'électricien a indiqué qu'il allait réduire la puissance de deux nouvelles unités, situées à Nogent-sur-Seine (Aube) et au Bugey (Ain). Cette décision vise à respecter les limites réglementaires de température des cours d'eau utilisés pour le refroidissement, la chaleur de l'air et des fleuves réduisant l'efficacité du processus.
Des centrales à gaz mises à contribution Pour compenser cette baisse de production nucléaire, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) a activé des moyens de production thermique. Les centrales à gaz, dont celle de Saint-Avold (Moselle), tournent à plein régime afin d'éviter toute tension sur le réseau. Selon les données de RTE, la part du gaz dans le mix électrique a grimpé à près de 15 % ces dernières quarante-huit heures, contre moins de 5 % en temps normal. Cette situation suscite des inquiétudes quant aux émissions de CO₂, alors que la France cherche à décarboner son énergie.
Des restrictions déjà en place Avant ces nouvelles limitations, quatre réacteurs avaient déjà été mis à l'arrêt ou délestés en raison de la canicule. La centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) a vu ses deux tranches stoppées en raison de la température élevée de la Garonne. De même, les sites de Tricastin (Drôme) et de Saint-Alban (Isère) avaient réduit leur production. Au total, ce sont désormais six réacteurs qui fonctionnent en régime dégradé ou sont à l'arrêt, sur les 56 que compte le parc.
La réglementation environnementale en question Les normes imposent qu'EDF respecte des seuils thermiques stricts pour les eaux de rejet, afin de protéger la faune et la flore aquatiques. Lors des épisodes de forte chaleur, l'eau des fleuves atteint des températures qui ne permettent plus un refroidissement suffisant des réacteurs sans risquer de dépasser ces limites. Des dérogations ont été accordées par le passé pour maintenir la production en période de tension, mais elles restent encadrées. Le ministère de la Transition écologique a indiqué suivre la situation de près et pourrait autoriser des exceptions si la sécurité d'approvisionnement était menacée.
Pas de coupure annoncée pour l'instant Malgré ces contraintes, RTE assure que l'approvisionnement électrique n'est pas compromis. La demande, bien que soutenue par l'usage massif de climatiseurs et de ventilateurs, reste pour l'instant inférieure à l'offre disponible. Le gestionnaire anticipe toutefois un pic de consommation en soirée, lorsque le solaire disparaît et que les besoins en refroidissement demeurent. Des appels à la sobriété ont été lancés, mais aucune coupure n'est à ce stade programmée.
Un épisode caniculaire record Cette vague de chaleur, qui touche une grande partie de l'Hexagone, est qualifiée d'exceptionnelle par Météo-France. Des températures dépassant les 40 °C ont été enregistrées dans plusieurs départements du Sud-Est et de la vallée du Rhône, précisément là où sont concentrées les centrales nucléaires. Le phénomène devrait se prolonger encore plusieurs jours, ce qui maintient la pression sur le système électrique. EDF a mis en place des cellules de crise et surveille en continu les paramètres environnementaux de ses sites.