L'opérateur du réseau électrique a pris la décision de suspendre le fonctionnement de la centrale nucléaire de Golfech, située dans le Tarn-et-Garonne, en raison des températures extrêmement élevées qui affectent le cours d'eau servant au refroidissement des réacteurs. Cette mesure intervient dans le cadre d'une canicule d'une intensité exceptionnelle, qui a conduit à placer 54 départements en vigilance rouge et à activer une cellule interministérielle de crise.

Une mesure dictée par la réglementation environnementale

La raison invoquée par EDF est le dépassement du seuil réglementaire de température des eaux de la Garonne. La législation impose que la température du fleuve ne dépasse pas les 28 degrés Celsius pour garantir l'équilibre écologique et la protection de la faune et de la flore aquatiques. En période de canicule, le réchauffement des eaux peut compromettre ce plafond, forçant l'exploitant à réduire ou à cesser la production électrique. Ce n'est pas la première fois que cette centrale est confrontée à une telle situation lors d'un épisode de chaleur intense.

Une canicule historique aux conséquences multiples

Cette mesure s'inscrit dans un contexte météorologique hors norme. L'épisode caniculaire actuel se caractérise par des nuits tropicales et des records de température battus « tous mois confondus », selon les services météorologiques. La vigilance rouge concerne près de 39 millions de personnes, d'après les calculs de l'Agence France-Presse. Face à cette situation, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une nouvelle cellule interministérielle de crise, la deuxième depuis le début de la vague de chaleur. Parallèlement, les services d'urgence enregistrent une hausse significative des appels, avec une augmentation de 30 à 40 % des sollicitations des Samu, suscitant des craintes de saturation dans les hôpitaux.

Un impact sur le réseau électrique

La mise à l'arrêt de la centrale de Golfech réduit la capacité de production d'électricité sur le réseau à un moment où la demande, notamment pour la climatisation, est particulièrement élevée. EDF doit gérer cette contrainte tout en assurant l'équilibre entre l'offre et la demande. La centrale n'est pas la seule installation à être affectée par les conditions climatiques : les épisodes de forte chaleur contraignent régulièrement l'exploitant à adapter le fonctionnement de ses centrales situées en bordure de cours d'eau, en raison des limites thermiques imposées par la réglementation environnementale.

Des précédents réguliers

Le recours à l'arrêt ou à la réduction de puissance des réacteurs en période de canicule est une pratique bien connue. Golfech, qui utilise l'eau de la Garonne pour son refroidissement, a déjà été concernée par des épisodes similaires lors des vagues de chaleur des étés précédents. Ces mesures, bien que temporaires, illustrent la vulnérabilité du parc nucléaire français face aux aléas climatiques et la nécessité d'adapter les infrastructures aux conséquences du réchauffement global.