La canicule qui a frappé la Bretagne fin juin 2026 a provoqué une surmortalité massive dans les élevages de la région, contraints d'enfouir près de 5 000 tonnes de cadavres d'animaux. Ce chiffre, communiqué par la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) et confirmé par la préfecture de région, concerne 763 exploitations, soit une moyenne de 6,5 tonnes par élevage.

Dans le Finistère, 561 tonnes de volailles et de porcs ont été enterrées dans 208 fermes, selon un bilan de la préfecture départementale rendu public le 29 juin. Chaque site a fait l'objet d'un accompagnement individuel, avec l'intervention d'une hydrogéologue pour valider les terrains d'enfouissement, a précisé l'administration.

Des équarrissages saturés

Dès le début de l'épisode caniculaire, marqué par des pointes à 42 °C à Vannes et 41 °C à Rennes — des niveaux inédits — les stations de l'entreprise Secanim, chargée de l'équarrissage, ont rapidement atteint leurs limites. « Nos capacités de transformation sont au maximum, nos camions fonctionnent à plein régime, les machines fonctionnent plein pot », a déclaré Hervé Fumery, directeur chargé des relations avec les éleveurs pour la société, évoquant une mortalité six à sept fois supérieure à la normale.

Pour faire face à cette situation, la préfecture de Bretagne a pris un arrêté le 25 juin, autorisant les éleveurs à enfouir eux-mêmes leurs animaux morts. En deçà de trois tonnes, une simple déclaration suffisait. Au-delà, un hydrogéologue mandaté par les services de l'État devait valider le lieu d'enfouissement. Cette mesure dérogatoire était en vigueur jusqu'au 1er juillet.

Des centaines de milliers de bêtes

Le nombre exact d'animaux morts n'a pas été communiqué officiellement. Toutefois, des estimations permettent d'en mesurer l'ampleur : 5 000 tonnes de poulets représenteraient environ 2,5 millions de volailles, tandis que le même poids en porcs correspondrait à 50 000 têtes. « Ces 5 000 tonnes de cadavres représentent des centaines de milliers d'animaux », a souligné Nathan Martin, cosecrétaire de la Confédération paysanne du Finistère, précisant que le poids moyen d'une poule en croissance est d'environ deux kilogrammes et celui d'un porc de cent kilogrammes.

Cette crise intervient alors que la Bretagne concentre la plus forte densité d'élevages de France. Les conséquences de cette surmortalité, tant sanitaires qu'économiques, restent à évaluer précisément par les pouvoirs publics.