Les fortes chaleurs qui sévissent sur une large partie du territoire français ont des conséquences dramatiques pour le monde agricole, en particulier dans les élevages de volailles. Dans les Côtes-d'Armor et le Morbihan, la mortalité atteint des niveaux inédits, avec des pertes pouvant aller jusqu'à 10 000 animaux en une seule nuit, selon un signalement de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA).
Une situation qualifiée d'« exceptionnelle »
Les services d'équarrissage, déjà sous pression, peinent à collecter les cadavres qui s'accumulent dans les exploitations. Face à cette saturation, les autorités ont pris une décision exceptionnelle : autoriser l'enfouissement des dépouilles directement sur place, sous réserve de respecter un protocole sanitaire strict. Cette mesure vise à éviter tout risque de propagation de maladies et à permettre aux éleveurs de gérer l'urgence.
Des élevages de porcs également touchés
Si la filière avicole est la plus durement frappée, les élevages porcins subissent également une surmortalité liée aux températures caniculaires. Les animaux, sensibles aux fortes chaleurs, peinent à réguler leur température corporelle, ce qui entraîne des pertes massives dans les bâtiments d'élevage.
La FDSEA tire la sonnette d'alarme
Dans un communiqué, le syndicat agricole dénonce des conditions de travail devenues intenables pour les exploitants, contraints de gérer chaque jour des centaines de cadavres. Il appelle les pouvoirs publics à renforcer les moyens d'équarrissage et à anticiper de futures épisodes climatiques extrêmes, qui risquent de se multiplier avec le changement climatique.
Un précédent inquiétant
Cette surmortalité massive rappelle les épisodes de canicule de l'été 2022, qui avaient déjà provoqué des pertes importantes dans les élevages de l'Ouest. Les organisations professionnelles estiment que des investissements dans la ventilation et le rafraîchissement des bâtiments sont indispensables pour adapter les exploitations aux nouvelles conditions météorologiques.