Plus de la moitié du territoire français est placé en vigilance rouge canicule, a annoncé l’agence météorologique nationale, alors que le pays est confronté à un épisode de chaleur exceptionnellement intense et précoce. Selon les services de Météo France, les températures devraient atteindre ou dépasser les 40 °C dans de nombreuses localités et culminer à 43 °C dans l’agglomération bordelaise. À Paris, le mercure est attendu aux alentours de 39 °C.

Dans la nuit du 22 au 23 juin, la France a connu la nuit la plus chaude de son histoire, un record absolu tous mois confondus. Cette nuit suffocante a été suivie d’une journée durant laquelle les habitants ont de nouveau cherché à se rafraîchir comme ils le pouvaient, dans un pays où l’air conditionné reste peu répandu.

40 morts par noyade en cinq jours

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, à l’issue d’une réunion de crise organisée le 23 juin, que quarante personnes avaient perdu la vie par noyade depuis le 18 juin. Il a précisé qu’il s’agissait majoritairement de jeunes, tentant de se rafraîchir dans des plans d’eau ou en mer. Ce bilan alarmant intervient dans un contexte où les autorités multiplient les appels à la prudence.

Les températures nocturnes, qui ne descendent pas sous les 22 °C dans une grande partie du pays et restent proches de 30 °C dans certaines zones, rendent le sommeil difficile et aggravent les effets de la chaleur diurne. Météo France a averti que des records pourraient encore être battus dans les prochains jours, y compris des maximales jamais atteintes à cette période de l’année.

Des perturbations dans toute la société

Cette canicule, la deuxième en moins d’un mois, désorganise fortement la vie quotidienne. De nombreuses écoles ont fermé leurs portes, des trains ont été supprimés et plusieurs manifestations sportives et culturelles ont été annulées. La Fête de la Musique, prévue le 21 juin, a été particulièrement touchée : plusieurs municipalités ont renoncé à organiser les concerts, et la consommation d’alcool sur la voie publique a été interdite dans certaines villes pour limiter les risques sanitaires.

L’entreprise nationale d’électricité EDF a également indiqué que trois centrales nucléaires pourraient voir leur production réduite à partir de la semaine suivante en raison de la température élevée des eaux du Rhône et de la Garonne, utilisées pour le refroidissement des réacteurs.

Comparaison avec la canicule de 2003

Les spécialistes comparent cet épisode à la canicule historique d’août 2003, qui avait causé près de 15 000 décès en France, principalement chez les personnes âgées. Depuis cette tragédie, le pays a mis en place un système d’alerte et des plans de prévention, mais la récurrence et l’intensité des vagues de chaleur interrogent sur la capacité d’adaptation.

Météo France rappelle que sur les 51 canicules recensées depuis 1947, les deux tiers sont survenues après l’an 2000, et environ la moitié au cours des quinze dernières années. Le changement climatique, lié aux émissions de gaz à effet de serre, augmente la fréquence et la sévérité de ces phénomènes. L’Europe, selon le service Copernicus, se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

Les autorités appellent à la vigilance

Le gouvernement a convoqué une réunion de crise le 23 juin pour coordonner la réponse sanitaire et logistique. Les consignes diffusées invitent la population à boire régulièrement de l’eau, à éviter les sorties aux heures les plus chaudes, à ventiler les logements la nuit et à prendre des nouvelles des proches vulnérables.

Alors que l’épisode doit se prolonger au moins jusqu’à la fin de la semaine, les experts estiment que des mesures structurelles seront nécessaires pour faire face à des étés de plus en plus chauds. Les débats sur l’adaptation des infrastructures, des horaires scolaires et de l’urbanisme sont relancés.