Les services d'urgence du pays sont placés sous très haute tension. Alors que l'épisode caniculaire se prolonge et que les températures continuent de grimper, le plan Orsan (organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) a été élevé à son troisième et ultime échelon. Ce passage au niveau 3, qualifié de « mobilisation maximale » par les autorités, implique une batterie de mesures exceptionnelles destinées à absorber l'afflux de patients.

Parmi les dispositions immédiatement mises en œuvre figurent le déprogrammation de l'ensemble des interventions chirurgicales non urgentes, le rappel de tous les personnels soignants disponibles et l'ouverture de lits supplémentaires dans les structures hospitalières. Chaque établissement doit désormais centraliser la gestion des entrées et des sorties afin de fluidifier le parcours des malades, en particulier ceux souffrant de pathologies liées à la chaleur – déshydratation sévère, coups de chaleur, troubles cardiovasculaires aggravés.

Les équipes médicales des urgences signalent une nette progression des consultations ces dernières vingt-quatre heures, une augmentation que les prévisionnistes attribuent directement à la persistance des fortes chaleurs. « Nous observons un afflux significatif de personnes âgées et de nourrissons, les plus vulnérables », a indiqué un responsable de service auprès d'un quotidien régional. Des centres de consultation avancés – les « consultations avancées canicule » – ont été mis en place dans plusieurs municipalités pour désengorger les services d'urgence.

Élargissement de la vigilance rouge

Cette décision sanitaire fait suite à l'extension de la vigilance rouge canicule à de nouveaux départements. Selon les bulletins météorologiques officiels, les maximales devraient atteindre ou dépasser les 40 °C dans plusieurs zones du pays, avec des minimales nocturnes ne descendant pas sous la barre des 25 °C dans les grandes agglomérations, empêchant tout rafraîchissement naturel.

Le précédent palier, le niveau 2 du plan Orsan, avait été activé quelques jours plus tôt en réponse à la propagation de la vigilance rouge. Le passage au stade 3 constitue un seuil rarement franchi, réservé aux épisodes d'une ampleur exceptionnelle présentant un risque majeur pour la santé publique. Il permet d'activer des réquisitions de moyens – matériels et humains – ainsi que la coordination inter-hospitalière renforcée sous l'égide des agences régionales de santé (ARS).

Tensions persistantes sur les approvisionnements

En parallèle, les perturbations touchent d'autres secteurs. L'énergie nucléaire n'est pas épargnée : afin d'éviter un réchauffement excessif des cours d'eau utilisés pour le refroidissement, la production de plusieurs réacteurs a été réduite, voire interrompue. Un deuxième réacteur du parc a ainsi été mis à l'arrêt dans le département de l'Aube, portant à deux le nombre d'unités concernées ces derniers jours.

Côté approvisionnement, la grande distribution constate des pics de ventes spectaculaires. Le directeur général d'une enseigne nationale a fait état de progressions de « 50 % pour les glaces, 80 % pour les packs d'eau et 100 % pour les climatiseurs et ventilateurs » la semaine passée. Il a également exprimé ses craintes d'une pénurie de melons en juillet en raison des conditions climatiques extrêmes.

Appels à la prudence

Les autorités sanitaires renouvellent leurs consignes de précaution : hydratation régulière sans attendre la soif, limitation des sorties aux heures les plus chaudes, maintien au frais des logements (fermeture des volets et fenêtres en journée), attention particulière aux personnes âgées isolées, aux enfants en bas âge et aux personnes souffrant de maladies chroniques.

Le retour à des températures plus clémentes n'est pas attendu avant plusieurs jours, les modèles météorologiques prévoyant la persistance de l'anticyclone au moins jusqu'au début de la semaine suivante. La mobilisation des équipes soignantes, déjà éprouvées après des années de tensions chroniques, reste entière.