L'escalade militaire israélienne au Liban se poursuit et fragilise les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran. Vendredi, une frappe israélienne a visé la localité de Mayfadoun, dans le district de Nabatieh, au sud du Liban. Selon un bilan du ministère libanais de la Santé publique, relayé par l'Agence nationale d'information, l'attaque a fait deux morts et un blessé. Un autre raid aérien a touché la localité de Nabatieh al-Fawqa, rapportent des correspondants sur place.

Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février, l'armée israélienne occupe environ un cinquième du territoire libanais. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réaffirmé vendredi que ses troupes ne se retireraient pas des zones occupées. Les délégations israélienne et libanaise doivent toutefois poursuivre leurs discussions vendredi, sans que leur contenu ni leur lieu aient été précisés.

L'AIEA prépare un retour en Iran

Alors que les hostilités se poursuivent au Liban, une lueur diplomatique émerge sur le dossier nucléaire iranien. Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré vendredi, lors d'une conférence de presse au Japon, que ses inspecteurs allaient prochainement pouvoir retourner en Iran. « Il y a un accord et, pour se conformer à cet accord, l'AIEA devra avoir accès et inspecter », a-t-il affirmé. « Nous espérons y être bientôt. »

Cette annonce intervient dans le cadre de l'accord intérimaire — appelé mémorandum d'entente (MoU) — conclu entre les États-Unis et l'Iran. Téhéran avait jusqu'ici indiqué que les sites clés resteraient inaccessibles tant qu'un accord définitif avec Washington ne serait pas trouvé et que les sanctions ne seraient pas levées. La déclaration de Rafael Grossi suggère une inflexion de la part des autorités iraniennes, sans confirmer pour autant un accès immédiat à l'ensemble des installations.

Tensions autour du détroit d'Ormuz

La fragilité de l'accord intérimaire est également illustrée par la situation dans le détroit d'Ormuz. L'Organisation maritime internationale (OMI) a suspendu jeudi son opération d'escorte des navires dans cette voie stratégique, après le signalement d'une attaque contre un cargo au large d'Oman. L'agence britannique UKMTO a indiqué que le navire avait été touché par un projectile.

Cette suspension ravive les inquiétudes sur la pérennité de l'accord préliminaire. Jeudi déjà, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) avait mis en garde les navires contre toute tentative de franchissement du détroit sans son autorisation expresse, malgré la publication par Oman et l'OMI d'une nouvelle route sécurisée. En avril, le CGRI avait diffusé son propre couloir de transit, situé beaucoup plus près des côtes iraniennes.

Les avoirs iraniens dégelés liés à l'achat de produits agricoles américains

De son côté, le président américain Donald Trump a réaffirmé, lors d'un événement destiné aux agriculteurs américains, que les avoirs iraniens dégelés dans le cadre de l'accord seraient utilisés pour acheter du blé, du soja et du maïs aux États-Unis. Cette déclaration n'a pas été confirmée par les autorités iraniennes.

Des négociations sous pression

L'accumulation des tensions — raids israéliens au Liban, blocage du détroit d'Ormuz, divergences sur l'inspection des sites nucléaires — continue de peser lourdement sur le processus diplomatique. L'Iran conditionne depuis plusieurs semaines tout accord définitif avec Washington à un retrait israélien intégral du Liban. Israël, en occupant un cinquième du pays et en menant des frappes quasi quotidiennes, semble prendre le contre-pied de cette exigence.

Les pourparlers entre les délégations israélienne et libanaise, qui se déroulent sous l'égide des États-Unis, n'ont pour l'instant pas abouti à une avancée significative. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait récemment estimé que les deux parties étaient proches d'un « engagement d'intention », sans plus de détails.

En attendant, la population libanaise continue de subir les conséquences des hostilités. Les raids de vendredi portent à plusieurs dizaines le nombre de victimes civiles depuis la reprise des frappes début juin, tandis que la communauté internationale observe avec inquiétude la fragilité d'un processus de paix qui semble à chaque instant menacé de rupture.