Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, a plaidé en faveur d’une entente avec les représentants de la nation sur le budget 2027, allant jusqu’à mettre en jeu sa propre responsabilité politique. Il a déclaré préférer que la France dispose d’un budget, même au risque de perdre son poste, plutôt que de le voir bloqué. Cette prise de position intervient alors que les discussions parlementaires s’annoncent tendues et que le gouvernement tente de trouver un équilibre entre discipline budgétaire et concessions aux oppositions.
Le locataire de Bercy a réaffirmé son objectif de ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut en 2027. Selon lui, ce cap reste « indispensable » pour maintenir la crédibilité financière du pays vis-à-vis des marchés et des partenaires européens. Si un accord avec le Parlement devait conduire à des ajustements, il se dit prêt à les accepter, à condition qu’ils ne remettent pas en cause cette trajectoire.
« Je préfère que la France ait un budget, quitte à ce que je tombe », a-t-il lancé dans une allusion directe aux risques politiques d’un tel compromis. Cette déclaration traduit une volonté de sortir de l’affrontement avec les députés et sénateurs, alors que le projet de loi de finances pour 2027 doit encore franchir de nombreuses étapes au Parlement. Le ministre a appelé les différents groupes à faire preuve de responsabilité pour éviter une situation de blocage.
Contexte budgétaire Le budget 2027 est élaboré dans une conjoncture délicate, marquée par une dette publique qui a atteint 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026. Les contraintes européennes imposent à la France de revenir sous la barre des 3 % de déficit d’ici 2029, ce qui rend chaque exercice budgétaire crucial. L’exécutif, sous la houlette du Premier ministre et du ministre délégué aux Comptes publics, multiplie les réunions avec les acteurs économiques, dont le Medef, pour calibrer les efforts demandés.
Roland Lescure a d’ores et déjà prévenu que toute concession en matière de dépenses devra être compensée par des recettes ou des économies ailleurs. « Un compromis ne signifie pas un abandon de la rigueur », a-t-il insisté. Il a également écarté l’idée d’un recours massif à l’impôt, privilégiant des mesures de redressement structurel.
Réactions et perspectives Les déclarations du ministre ont suscité des réactions contrastées. Certains parlementaires de l’opposition y voient un signe d’ouverture, tandis que d’autres jugent l’objectif de 5 % trop ambitieux au vu des besoins sociaux et d’investissement. Au sein de la majorité, on souligne la nécessité de tenir les engagements pris envers Bruxelles.
La suite des discussions dépendra du dépôt des amendements et du calendrier parlementaire. Roland Lescure a indiqué qu’il sera « attentif » aux propositions venant des deux chambres, sans exclure des ajustements techniques. Le ton conciliant du ministre pourrait faciliter un vote, mais les marges de manœuvre financières restent étroites.