Un quotidien sous le soleil
Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire, les livreurs à vélo subissent de plein fouet les températures extrêmes. Pour ces travailleurs de la livraison de repas, chaque course se transforme en épreuve. « Il n'y a pas d'endroit où l'on puisse se réfugier, donc du coup, on vient sous les arbres où il y a plus d'air. Quelle que soit la souffrance que nous subissons lors des livraisons, on n'a pas le choix, nous sommes obligés de le faire », témoigne Aboubacar, coursier interrogé dans les rues.
Les livreurs parcourent plusieurs dizaines de kilomètres par jour sans aucun moyen de protection spécifique contre la chaleur. Aucune adaptation des tournées ni allègement du poids des commandes n'ont été mis en place par les plateformes. Les revendications syndicales en ce sens sont, pour l'heure, restées sans réponse.
Une pause forcée mais non rémunérée
Face à la pression du ministre du Travail, qui a demandé aux plateformes de mieux protéger leurs travailleurs exposés au mercure, Uber Eats et Deliveroo ont annoncé suspendre les livraisons entre 14 heures et 18 heures dans les départements placés en vigilance rouge canicule. Cette mesure, présentée comme un geste de protection, soulève une vive polémique : aucune indemnisation n'est prévue pour les heures non travaillées.
Les syndicats du secteur dénoncent une perte de revenus significative pour des travailleurs déjà précaires. « C'est une fausse bonne idée », résume un représentant syndical, évoquant le risque de voir les livreurs contraints de travailler malgré l'interdiction pour ne pas perdre leur salaire. D'autres demandes, comme la mise à disposition de points d'eau ou de zones ombragées, n'ont pas été entendues.
Des conditions de travail fragilisées
La situation révèle une fois de plus la vulnérabilité des livreurs à vélo, considérés comme des travailleurs indépendants par les plateformes. Sans contrat de travail classique, ils ne bénéficient d'aucune des protections prévues pour les salariés en cas de canicule (arrêt du travail, prime de chaleur, etc.). Les organisations syndicales réclament une régulation plus stricte et une prise en charge des heures non travaillées lors des pics de chaleur.
Pour l'instant, les plateformes excluent toute compensation financière. Les livreurs restent donc livrés à eux-mêmes, contraints de choisir entre leur santé et leur rémunération.