Un accès facilité aux technologies de pointe
Le département américain du Commerce a officiellement assoupli, le 10 juillet 2026, les règles d'exportation vers les Émirats arabes unis, reclassant le pays dans une catégorie de partenaires bénéficiant d'exceptions de licence élargies pour les biens à double usage et le matériel militaire. Cette mesure, qui entrera en vigueur après sa publication au Federal Register prévue le 14 juillet, place les Émirats dans un groupe jusqu'ici réservé aux membres de l'OTAN et à certains alliés historiques, alors même qu'ils ne participent à aucun régime multilatéral de contrôle des exportations.
Huit géants américains autorisés sans licence individuelle
Apple, Amazon, Google, Meta, Microsoft, OpenAI, Oracle et xAI peuvent désormais exporter vers leurs filiales émiraties des puces d'intelligence artificielle avancées, des serveurs et des logiciels d'IA sans avoir à solliciter une autorisation individuelle préalable. Deux entreprises émiraties, G42 et Core42, bénéficient du même régime. Le département du Commerce a également indiqué qu'il examinerait favorablement les futures demandes de licence déposées par MGX, le fonds technologique émirati.
Le texte active pour les Émirats la licence Exception STA (autorisation commerciale stratégique), déjà accordée à d'autres alliés, pour l'ensemble des articles non couverts par l'exemption totale. Des sections spécifiques du règlement américain sur l'administration des exportations, les articles 742.6(a)(6)(iii)(A) et (B), définissent les puces avancées, les serveurs et les logiciels associés soumis à contrôle ainsi que leurs destinataires autorisés.
Un précédent accord sur les puces NVIDIA
Cette décision fait suite à un accord préliminaire conclu en 2025 entre Washington et Abou Dhabi pour l'importation de centaines de milliers de puces NVIDIA, accord finalisé en mai de la même année. Apple, selon des informations concordantes, devrait utiliser ce nouvel accès pour équiper ses centres de données situés dans le pays.
Critiques et inquiétudes politiques
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a vivement critiqué cette décision, dénonçant des risques de détournement de technologies sensibles vers la Chine. Elle estime que l'assouplissement pourrait permettre à des technologies critiques de contourner les restrictions américaines via les Émirats arabes unis, un pays qui n'est pas membre des accords multilatéraux de contrôle des exportations.
Un précédent diplomatique notable
Les Émirats arabes unis deviennent ainsi le seul pays de ce nouveau groupe d'exception à ne pas appartenir aux régimes multilatéraux de contrôle des exportations. Le texte ne prévoit pas l'inclusion d'Israël ni de l'Arabie saoudite dans cette catégorie, ce qui souligne le caractère spécifique de la relation bilatérale entre Washington et Abou Dhabi.
Implications pour l'industrie technologique
Cette mesure représente un tournant dans la politique d'exportation américaine, traditionnellement restrictive envers les pays hors OTAN pour les technologies militaires et d'IA. Elle renforce la position des Émirats comme hub technologique régional tout en ouvrant des opportunités commerciales majeures pour les huit entreprises américaines concernées.
Le texte intégral de la décision a été déposé pour inspection publique avant sa publication officielle. Les observateurs suivront de près les réactions internationales, notamment de la Chine et des alliés européens, à cette évolution significative de la politique américaine de contrôle des exportations.