Un joueur s’effondre après quatre heures quarante de combat
Le Tchèque Jakub Mensik, 20 ans et tête de série numéro 26, a été victime d’un malaise spectaculaire mercredi à Roland-Garros, juste après avoir remporté son match du deuxième tour face à l’Argentin Mariano Navone. Le score final de 6-3, 2-6, 6-4, 1-6, 7-6 (13-11) reflète un combat épique de quatre heures et quarante minutes, disputé sous une température avoisinant les 35 °C.
Alors qu’il venait de conclure la partie sur un tie-break haletant en ayant dû écarter huit balles de match, Mensik s’est effondré sur le court, incapable de se relever. Son adversaire, Navone, est venu le féliciter et tenter de l’aider, mais le Tchèque ne pouvait plus bouger. Les secours sont rapidement intervenus : des poches de glace ont été placées sur sa tête, son cou et sa poitrine, tandis qu’une autre servait de coussin sous sa nuque. Après plusieurs minutes allongé, Mensik a pu se lever et quitter le terrain, mais il a de nouveau chancelé en se dirigeant vers les vestiaires. Il a finalement été transporté en fauteuil roulant.
Incertitude sur la suite du tournoi
À ce stade, on ignore si Mensik pourra récupérer à temps pour son troisième tour prévu vendredi, où il doit affronter l’Australien Alex de Minaur, huitième tête de série. Le jeune joueur, prometteur mais déjà sujet à des blessures par le passé, disputait ce match sur l’un des courts extérieurs de Roland-Garros, dépourvus de toute ombre.
Djokovic souffre lui aussi, mais s’impose
Novak Djokovic, tête de série numéro 1, a lui aussi été mis à rude épreuve par la chaleur. Sur le Court Philippe Chatrier — pourtant doté d’un toit — le Serbe a perdu un troisième set serré au tie-break avant de remporter la partie 6-3, 6-2, 6-7 (7-9), 6-3 face au Français Valentin Royer. L’ancien numéro un britannique Greg Rusedski a commenté sur BBC Radio 5 Sports Extra que « Novak a 39 ans et respire très fort à la fin de ce match. C’était un vrai test pour lui. Il va devoir hausser son niveau s’il veut continuer. »
Un précédent inquiétant
Lundi déjà, le Norvégien Casper Ruud avait confié se sentir « comme un zombie » et avoir craint un coup de chaleur après avoir souffert de crampes sous 33 °C. Les organisateurs du tournoi surveillent la température à l’aide de deux capteurs (wet bulb sensors) placés sur le Court Philippe Chatrier et le Court 14. Si le seuil critique est atteint, une pause de dix minutes peut être instaurée après le deuxième set chez les femmes et le troisième set chez les hommes. Si la chaleur continue de grimper, les matchs peuvent être suspendus — bien qu’aucun match de Roland-Garros n’ait jamais été interrompu pour cause de chaleur extrême.
Des conditions de jeu inégales
Cette canicule parisienne, qui persiste depuis plusieurs jours, met en lumière les disparités entre les courts : les joueurs affectés aux terrains extérieurs, sans aucun ombrage, subissent des conditions plus rudes que ceux évoluant sous le toit du Philippe Chatrier ou du Suzanne Lenglen. La question de la protection des sportifs face à des températures toujours plus élevées est de nouveau posée.