Le 79e Festival de Cannes a offert une place de choix à l’histoire de France. Hors compétition, le premier opus de « La bataille de Gaulle », intitulé « L’âge de fer », a été dévoilé sur la Croisette avant d’investir les cinémas ce mercredi 3 juin. Le second volet, « J’écris ton nom », est attendu le 3 juillet prochain.
Un diptyque nourri par une somme historique
Antonin Baudry, ancien diplomate passé par la scénarisation de la bande dessinée « Quai d’Orsay » et réalisateur du « Chant du loup », signe ce projet colossal. Il s’appuie sur l’ouvrage « De Gaulle : une certaine idée de la France » de l’historien britannique Julian T. Jackson. Pour incarner le général, le cinéaste a choisi Simon Abkarian, qui rejoint la liste des acteurs ayant prêté leurs traits au héros national, aux côtés de Lambert Wilson ou Samuel Labarthe.
Le budget du diptyque dépasse les 70 millions d’euros, en partie justifié par des scènes de bataille d’envergure, notamment celle de Bir-Hakeim, dont la réalisation n’a rien à envier aux productions hollywoodiennes. La musique est signée Volker Bertelmann, compositeur allemand oscarisé pour « À l’Ouest, rien de nouveau ».
Le général face à la solitude et au doute
« L’âge de fer » débute en 1940, alors que Charles de Gaulle, seul contre tous, refuse la capitulation de la France. Exilé à Londres, condamné à mort par le régime de Vichy, il tente de convaincre que la lutte n’est pas perdue. Antonin Baudry le qualifie de « Don Quichotte moderne, une sorte de chevalier d’un autre âge ». Le film montre un homme droit mais vulnérable, en proie au doute, et n’hésite pas à le tourner en dérision, comme dans une scène où le général affirme que « les moustiques ne piquent pas De Gaulle » avant d’être terrassé par la maladie.
Le récit s’achève en 1942 et met en lumière les échanges souvent houleux avec le Premier ministre britannique Winston Churchill, interprété par Simon Russell Beale. Parallèlement, le cinéaste suit le parcours du jeune résistant Fernand Bonnier de la Chapelle, symbole du combat populaire.
Un casting impressionnant mais des longueurs
Simon Abkarian incarne un de Gaulle dont le mimétisme vocal et les intonations sont parfois jugés trop appuyés, mais dont la prestation convainc globalement. Mathieu Kassovitz signe une performance notable en amiral Darlan, et Benoît Magimel est magistral dans le rôle du général Koenig. En revanche, les personnages de Jean Moulin (Félix Kysyl), René Pleven (Loïc Corbery) et du général Leclerc (Niels Schneider) ne font que de brèves apparitions, ce qui a été regretté.
D’une durée de 2h40, le film souffre de quelques longueurs et d’un excès de dialogues. La direction d’acteurs est parfois discutable, et une intrigue romantique secondaire semble artificielle. La photographie, elle, est magnifique, ponctuée d’images d’archives.
Un hommage aux générations futures
Dans les notes de production, Antonin Baudry explique avoir réalisé ce diptyque « pour les jeunes générations, pour (ses) enfants et leurs amis, des ados de 15-16 ans à une vingtaine d’années ». Il ajoute : « Ce n’est pas facile d’être adolescent aujourd’hui, on se sent impuissant par rapport aux grands évènements du monde, les forces agissantes nous dépassent ».
Le second volet, « J’écris ton nom », poursuivra l’histoire en salles le 3 juillet. En attendant, « L’âge de fer » offre une vision à la fois épique et intime d’un homme dont le destin a changé le cours de l’histoire.