Après des semaines de hausse continue, les prix des carburants connaissent un reflux significatif. Selon les dernières données disponibles, le gazole et l'essence sans plomb 95-E10 s'échangeaient, en moyenne, à moins de 1,90 euro le litre sur l'ensemble du territoire. Cette évolution marque une rupture avec la tendance observée depuis plusieurs mois, où le gazole avait notamment dépassé la barre symbolique des 2 euros.

Le recul est particulièrement marqué pour le gazole, le carburant le plus consommé en France. Il s'établit désormais à environ 1,87 euro le litre en moyenne, soit une diminution de près de 10 centimes par rapport aux sommets atteints mi-juin. L'essence SP95-E10 suit le mouvement, avec un prix moyen de 1,88 euro le litre, revenant à des niveaux équivalents à ceux du printemps.

Des facteurs multiples

Cette détente s'explique par plusieurs facteurs concomitants. Sur le marché pétrolier, le baril de Brent a reculé de plus de 5 dollars en deux semaines, refluant sous les 75 dollars. Cette baisse est liée à des craintes renouvelées sur la demande mondiale, dans un contexte de ralentissement économique en Chine et de signaux mitigés aux États-Unis. Par ailleurs, les marges de raffinage en Europe se sont contractées, les stocks de produits finis étant jugés confortables pour la saison estivale.

Le gouvernement n'a pas annoncé de nouvelle mesure fiscale pour accompagner ce mouvement. Certains observateurs notent cependant que la baisse actuelle pourrait inciter les automobilistes à reprendre la route pour les départs en vacances, alors que la fréquentation des stations-service avait chuté lors du pic de prix.

Vers une accalmie durable ?

Les analystes restent prudents quant à la pérennité de cette tendance. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés (OPEP+) doivent se réunir début juillet pour décider de leur stratégie de production. Si une augmentation de l'offre était actée, elle pourrait peser durablement sur les cours. À l'inverse, toute tension géopolitique au Moyen-Orient, ou un éventuel regain de la demande chinoise, pourrait inverser la tendance.

En attendant, les consommateurs français bénéficient d'une parenthèse bienvenue. Le prix du gazole n'avait plus été aussi bas depuis la fin du mois d'avril. Pour les ménages ruraux et les professionnels de la route, fortement dépendants du gazole, cette accalmie représente un allègement budgétaire non négligeable.

Comparaison avec les années précédentes

Malgré cette baisse, les prix restent élevés par rapport à la moyenne des cinq dernières années. En 2024, à la même période, le gazole se situait autour de 1,70 euro le litre. La pression reste donc forte sur le pouvoir d'achat des Français, même si le mouvement actuel est salué par les associations de consommateurs. Ces dernières appellent à une vigilance accrue sur les marges des distributeurs, pour que la baisse des cours du brut se répercute pleinement et rapidement à la pompe.

La prochaine publication des prix hebdomadaires par les services du ministère de la Transition écologique permettra de confirmer ou d'infirmer la poursuite de cette tendance baissière.