La nouvelle équipe municipale de Carpentras, dirigée par le Rassemblement national (RN) depuis le début du mois de juin, a annoncé la suppression de la subvention annuelle versée au Planning familial. Cette décision, confirmée par plusieurs sources concordantes, marque l'un des premiers actes forts de la majorité élue à l'issue des élections municipales de 2026.

Le Planning familial, association œuvrant notamment pour l'accès à la contraception et à l'IVG, percevait jusqu'à présent un soutien financier de la commune. Dans un communiqué, l'organisation a réagi vivement, estimant que cette mesure s'inscrit dans un « combat d'idées » mené contre les droits des femmes. Elle dénonce une décision idéologique visant à restreindre l'accès à des services essentiels pour la santé sexuelle et reproductive.

Hervé de Lépinau, nouveau maire de Carpentras, est connu pour ses positions tranchées sur les questions sociétales. Ancien député, il avait déjà fait parler de lui en 2020 en comparant l'avortement à un génocide et aux « crimes de Daesh », selon des propos rapportés. Ce contexte éclaire la portée symbolique de la décision prise par la municipalité.

Une décision qui suscite des réactions

La suppression de la subvention intervient dans un climat politique national tendu, alors que plusieurs communes dirigées par le RN ou ses alliés ont, par le passé, pris des mesures similaires. Pour les associations féministes, cette série d'actions témoigne d'une stratégie coordonnée visant à affaiblir les structures d'aide aux femmes.

Du côté de la mairie, aucune déclaration officielle détaillant les motifs de cette coupe budgétaire n'a été rendue publique à ce stade. La décision pourrait s'inscrire dans une révision plus large des crédits alloués aux associations, bien que le choix de cibler le Planning familial interroge.

Les représentants du Planning familial local ont indiqué vouloir poursuivre leurs activités malgré la perte de ce financement municipal. L'association compte sur d'autres sources de soutien, notamment régionales ou nationales, pour maintenir ses permanences et ses actions d'information.

Ce dossier illustre les tensions qui entourent les questions de genre et d'accès aux soins reproductifs dans le paysage politique français, alors que le RN consolide son ancrage municipal après les dernières élections.