Le maire de New York, Zohran Mamdani, a prononcé un discours vendredi 3 juillet à l’hôtel de ville derrière le bureau de George Washington pour marquer le 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis. Ce moment solennel illustre la distance que l’édile a prise avec les célébrations officielles orchestrées par le président Donald Trump, qu’il juge trop patriotiques et clivantes.
Un discours en opposition à la vision trumpienne
Dans un pays profondément divisé, Mamdani a souligné les contradictions de l’histoire américaine tout en appelant à une unité fondée sur les valeurs partagées des New-Yorkais. Alors que l’administration Trump mène une vaste campagne de répression de l’immigration, le maire a plaidé pour une notion de patrie inclusive, qui n’exclut personne. Il a également mis en garde contre une célébration aveugle des réussites du pays sans reconnaître les erreurs du passé.
Un engagement discret dans les préparatifs nationaux
New York avait été désignée par le Congrès comme l’une des villes prioritaires pour les festivités du 250e anniversaire. Pourtant, Mamdani s’est montré moins impliqué que ses homologues d’autres métropoles. Il a décliné une invitation à une conférence de presse de la gouverneure de l’État, Kathy Hochul, qui présentait un grand spectacle nautique comprenant plus de 30 navires, 200 avions et 20 000 marins. Son absence a été remarquée, la gouverneure s’étant exclamée devant l’assemblée : « Y a-t-il d’autres élus présents ? »
Une préférence pour le patriotisme local
Au lieu de célébrer sans nuance la nation, Mamdani a mis en avant le rôle de New York comme creuset de toutes les diversités. Il s’exprime plus volontiers sur les réalisations de sa ville que sur les mythes fondateurs du pays. « Ce qui fait la grandeur de l’Amérique, c’est l’accueil qu’elle réserve à tous et la capacité de chacun à contribuer », aurait-il notamment déclaré lors d’une allocution récente, selon des témoins.
Un contexte politique tendu
Cette prise de distance intervient alors que les relations entre l’administration municipale et le gouvernement fédéral sont tendues. Les politiques d’expulsion massive menées par Trump sont largement contestées à New York, ville sanctuaire. Mamdani, issu d’une famille d’immigrants ougandais, incarne pour beaucoup l’opposition au discours nationaliste du président. Des observateurs y voient une forme de résistance silencieuse mais déterminée.
Des célébrations alternatives
Alors que les feux d’artifice et les parades officielles battent leur plein, Mamdani a choisi de mettre en lumière des initiatives locales de solidarité : distributions alimentaires, forums citoyens, et programmes pour les jeunes issus de quartiers défavorisés. Il a également rappelé que le 250e anniversaire était l’occasion de réfléchir collectivement aux progrès à accomplir.
Le maire a conclu son intervention en appelant les New-Yorkais à « construire une république qui tienne ses promesses pour tous, pas seulement pour quelques-uns » – une phrase qui résume sa vision nuancée du patriotisme.