Les autorités de Monaco et d’Allemagne ont dévoilé vendredi l’identité de la femme suspectée d’être l’auteure de l’attaque à l’explosif survenue lundi soir en Principauté. Il s’agit d’Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans. Un mandat d’arrêt international et une notice rouge d’Interpol ont été émis à son encontre.
Selon le procureur adjoint de Monaco, Morgan Raymond, la suspecte aurait soigneusement préparé son acte. Elle aurait observé la résidence de ses cibles pendant plusieurs jours, se faisant fréquemment passer pour un homme, ce qui avait initialement orienté les enquêteurs vers un suspect masculin. Le soir des faits, elle aurait attendu assise sur un banc avant de déposer un colis piégé sur les marches de l’immeuble où se rendaient ses victimes – un homme, une femme et un enfant qui revenaient d’un dîner au restaurant. Elle aurait déclenché l’explosion à distance à l’aide d’un dispositif de télécommande, au moment précis où les trois personnes se trouvaient sur les marches.
L’explosion, sans précédent connu à Monaco, a fait cinq blessés, dont une femme dont l’état a été jugé critique. Les autorités allemandes, qui ont mené des investigations près de Francfort, ont indiqué que la suspecte avait loué une voiture et un appartement dans cette région. Des objets ont été saisis lors de ces perquisitions et doivent être remis à la justice monégasque.
Deux personnes soupçonnées d’avoir aidé Anastasiia Berezovska ont été brièvement placées en garde à vue en début de semaine, puis relâchées en l’absence de preuves suffisantes. La suspecte est accusée de tentative de meurtre, de placement d’engin explosif sur la voie publique avec intention criminelle et d’association de malfaiteurs. Le signalement d’Interpol mentionne un tatouage en forme de serpent sur son bras droit, élément distinctif important pour les recherches.
Les autorités allemandes ont déclaré que l’attaque visait des citoyens ukrainiens, mais leurs homologues monégasques n’ont pas confirmé l’identité des blessés. Plusieurs médias français, monégasques et ukrainiens ont évoqué la présence d’un homme d’affaires ukrainien parmi les victimes, sans que cette information ait pu être vérifiée. La fuite de la suspecte l’a menée en Allemagne via la France, l’Italie et d’autres pays européens, au volant d’une voiture de location immatriculée en Allemagne.
L’affaire a provoqué une vive émotion dans la principauté, tant par la gravité des blessures que par le mode opératoire, considéré comme particulièrement choquant par le procureur adjoint.