Le président du Medef, Patrick Martin, a vivement critiqué la situation de l’emploi des jeunes en France, ce mercredi 27 mai, lors d’un entretien sur une chaîne d’information économique. Selon lui, le taux de chômage des 15-24 ans, estimé à 21 %, constitue un « scandale national » dont l’opinion publique n’aurait pas pleinement conscience. Il a opposé ce chiffre aux performances de pays voisins comme la Suisse, où le chômage des jeunes s’établit à 3,2 %, mais aussi l’Allemagne et les Pays-Bas.
Un écart qui interroge sur le modèle social
Patrick Martin a souligné que le taux d’emploi des jeunes en France plafonne à environ 35 %, contre 51 % en Allemagne et 75 % aux Pays-Bas. Il a estimé que ces écarts ont des conséquences directes sur le financement de la protection sociale. « Si on rejoignait ne serait-ce que le taux d’emploi de l’Allemagne, on réglerait essentiellement nos problèmes de financement de la protection sociale », a-t-il affirmé. Il a ainsi lié la question du chômage des jeunes à la soutenabilité du système de solidarité.
Des pistes pour favoriser l’embauche
Pour remédier à cette situation, le dirigeant du Medef a avancé plusieurs propositions. Il a notamment évoqué la création d’un « CDI jeunes », un dispositif qui suscite des critiques, mais qu’il juge cohérent avec les pratiques existantes. « Les apprentis sont bien payés en dessous du SMIC et cela ne choque personne ! Il faut être objectif et trouver des solutions », a-t-il rétorqué.
Patrick Martin a également mis en avant la reprise d’entreprises comme levier pour l’emploi, soulignant que les transmissions concernent environ 750 000 postes chaque année. Il a appelé les jeunes à s’y intéresser, en notant une évolution des aspirations : « Il y a quelques années, 40 % des jeunes voulaient rentrer dans la fonction publique. Dorénavant, ils veulent massivement, quel que soit leur niveau de formation, créer des entreprises. Il faut qu’ils s’intéressent à la reprise d’entreprise parce que ça va plus vite, ça peut être un peu plus cher initialement mais vous acquérez un fond de commerce, des compétences, etc. », a-t-il détaillé.
Un appel à la prise de conscience collective
Pour le président du Medef, l’enjeu dépasse le seul marché du travail. Il a appelé à dépasser les controverses pour avancer concrètement sur le sujet de l’emploi des jeunes. Ses déclarations interviennent dans un contexte où la France figure parmi les mauvais élèves de l’Union européenne en matière de lutte contre le chômage des jeunes, selon plusieurs classements internationaux. Patrick Martin a insisté sur la nécessité d’une mobilisation générale face à ce qu’il considère comme une urgence économique et sociale.
Comparaisons internationales
Le président du Medef a multiplié les références aux modèles étrangers, en particulier la Suisse, où le taux de chômage des jeunes est six fois inférieur à celui de la France. Il a également cité l’Allemagne et les Pays-Bas, pays où l’insertion professionnelle des jeunes est nettement plus réussie. Selon lui, ces exemples montrent qu’il est possible de réduire massivement le chômage des jeunes à condition de réformer les dispositifs d’accès à l’emploi et de favoriser l’apprentissage ainsi que la création d’entreprises.