Mercredi, les États-Unis et l'Iran ont de nouveau échangé des tirs dans le Golfe Persique, un regain de tensions qui survient alors que les efforts de paix régionaux demeurent bloqués.

Selon des informations concordantes, des navires de l'US Navy et des unités des Gardiens de la révolution iraniens se sont livrés à des tirs d'artillerie et de mitrailleuses lourdes dans les eaux internationales du détroit d'Ormuz. Aucun blessé ni dégât matériel majeur n'a été signalé dans l'immédiat, mais l'incident a provoqué une brève interruption du trafic maritime civil dans la zone.

Les autorités américaines ont indiqué que leurs bâtiments avaient riposté après avoir été la cible de tirs depuis des vedettes rapides iraniennes, alors que ces dernières tentaient de s'approcher à grande vitesse d'un pétrolier battant pavillon des Îles Marshall. De son côté, Téhéran a accusé la marine américaine d'avoir violé les eaux territoriales iraniennes et d'avoir ouvert le feu en premier sur une patrouille de routine.

Le Pentagone a confirmé que des F/A-18 basés sur le porte-avions USS Abraham Lincoln avaient survolé la zone à basse altitude en signe de dissuasion, mais n'avaient pas été engagés dans les combats. Les Gardiens de la révolution ont diffusé des images de leurs vedettes effectuant des manœuvres d'évitement sous les tirs.

Négociations de paix dans l'impasse

Cet affrontement intervient dans un contexte de blocage des discussions multilatérales sur le programme nucléaire iranien et la sécurité régionale. Les pourparlers, qui se tiennent sous l'égide de l'Union européenne, sont suspendus depuis l'été dernier sans perspective de reprise à court terme. Les médiateurs européens ont appelé les deux parties à la retenue, tandis que l'ONU a exhorté les belligérants à respecter le droit maritime international.

L'administration américaine a réaffirmé sa détermination à protéger la libre circulation dans le Golfe, vital pour les approvisionnements mondiaux en pétrole. L'Iran, de son côté, considère la présence navale américaine comme une provocation et menace régulièrement de fermer le détroit d'Ormuz en cas de conflit.

Des analystes estiment que ces échanges de tirs, bien que pour l'instant limités, pourraient dégénérer en affrontement ouvert si les canaux diplomatiques restent fermés. Le secrétaire général de l'ONU a demandé une désescalade immédiate et proposé une médiation directe entre Washington et Téhéran.

Réactions internationales

Les capitales européennes ont exprimé leur vive préoccupation. Paris et Berlin ont conjointement appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des pourparlers. Londres a annoncé qu'elle renforcerait sa présence navale dans la région pour contribuer à la sécurité maritime.

La Russie et la Chine, partenaires de l'Iran dans les négociations nucléaires, ont dénoncé ce qu'elles qualifient d'« actes unilatéraux des États-Unis » dans le Golfe et réclamé une enquête internationale. Pékin a proposé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

Téhéran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a estimé que « les provocations américaines visent à saborder toute possibilité de dialogue ». Il a réaffirmé le droit de l'Iran à répondre à toute agression, tout en se disant prêt à reprendre les négociations si Washington levait certaines sanctions.

Washington a rejeté ces accusations, le département d'État jugeant que « l'Iran doit cesser ses comportements agressifs et ses violations du droit international avant de prétendre à la table des négociations ». Les États-Unis se sont dits prêts à défendre leurs forces et leurs alliés par tous les moyens nécessaires.

Situation humanitaire

Aucune victime n'a été rapportée parmi les marins américains ou iraniens. En revanche, deux marins marchands ont été légèrement blessés par des éclats lors de l'incident ; ils ont été évacués vers un hôpital à Oman. L'Organisation maritime internationale a recommandé aux navires transitant par la zone de redoubler de prudence et de suivre les consignes des autorités côtières.

L'incident de mercredi est le plus grave depuis plusieurs mois dans le Golfe. Il illustre la fragilité de la sécurité régionale en l'absence d'une solution diplomatique au dossier nucléaire iranien et aux rivalités géopolitiques plus larges.