Un plan social contesté

L’organisme de formation professionnelle et de certification City & Guilds fait l’objet de menaces de poursuites judiciaires et d’actions syndicales. Le syndicat Unite a annoncé, ce mercredi, envisager des recours en justice et le déclenchement d’un mouvement de grève après la révélation d’un projet de suppression d’environ 400 postes au Royaume-Uni. La direction est accusée d’avoir « retenu délibérément des informations clés lors des consultations sur le transfert du personnel », selon les termes employés par les représentants syndicaux.

Des accusations de « malhonnêteté »

Les responsables d’Unite estiment que City & Guilds s’est montré « malhonnête » dans la conduite du processus. Au-delà du défaut de communication allégué, le syndicat reproche à l’employeur de « recruter de nouveaux employés alors que la loi l’oblige à proposer ces postes en priorité aux salariés menacés de licenciement ». Cette pratique, si elle est avérée, constituerait une violation directe des règles encadrant les licenciements collectifs et les transferts d’entreprise.

Un contexte de crise

City & Guilds, anciennement organisé sous statut caritatif, traverse une nouvelle crise avec ces annonces. L’institution, qui délivre des certifications reconnues dans de nombreux secteurs, aurait prévu de réduire ses effectifs de plusieurs centaines de personnes sur le territoire britannique. Les consultations en cours, obligatoires dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, sont au cœur du litige : Unite affirme que la direction n’a pas fourni les données nécessaires à une négociation de bonne foi sur les conditions de reclassement et d’indemnisation.

Réactions syndicales et prochaines étapes

En l’absence d’avancée significative dans le dialogue social, les représentants du personnel n’excluent pas de saisir les tribunaux pour faire constater le manquement aux obligations d’information-consultation. Parallèlement, un préavis de grève pourrait être déposé dans les prochains jours si la direction ne répond pas aux demandes de transparence formulées par le syndicat. Unite a également appelé la direction à suspendre immédiatement tout recrutement externe et à respecter son obligation légale de priorité de réembauche envers les salariés dont le poste est supprimé.

Un précédent dans le secteur

Ce conflit s’inscrit dans un contexte plus large de restructurations dans le secteur de la formation professionnelle au Royaume-Uni. Plusieurs organismes ont recentré leurs activités sur le numérique et l’apprentissage en ligne, entraînant des réductions d’effectifs. City & Guilds, qui emploie plusieurs milliers de personnes, n’avait pas fait l’objet de tensions sociales d’une telle ampleur depuis sa transformation juridique.