À l'approche de la Coupe du monde de football 2026, la ville de Clermont-Ferrand a décrété un couvre-feu pour les mineurs et une interdiction des mortiers d'artifice sur l'ensemble de son territoire. Ces mesures, présentées comme préventives, visent à préserver l'ordre public durant les rencontres sportives. L'édile de la ville, Olivier Bianchi, a justifié cette décision par la nécessité d'anticiper d'éventuels débordements liés aux rassemblements de supporters.

Le couvre-feu concernera les jeunes de moins de 18 ans, qui ne pourront circuler sans un adulte responsable entre 23 heures et 6 heures du matin les soirs de match. Parallèlement, l'utilisation, la vente et le transport de mortiers et autres artifices pyrotechniques seront prohibés dans l'espace public durant toute la durée de la compétition. La municipalité clermontoise a précisé que ces dispositions s'appliqueraient à l'ensemble des matchs, qu'ils soient locaux ou internationaux, et pour toute la durée du tournoi.

Toulouse emboîte le pas partiellement

De son côté, la ville de Toulouse a indiqué qu'elle pourrait adopter des mesures similaires, mais de manière plus ciblée. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a fait savoir que sa municipalité réfléchissait à instaurer un couvre-feu pour les mineurs uniquement lors des matchs « sensibles », c'est-à-dire ceux identifiés comme à risque par les services de renseignement. Cette approche au cas par cas, moins extensive que celle de Clermont-Ferrand, témoigne d'une palette de réponses possibles face aux enjeux de sécurité posés par l'événement sportif planétaire.

Ces annonces interviennent dans un contexte où les autorités locales craignent des débordements similaires à ceux observés lors de compétitions précédentes, notamment lors de l'Euro ou de la Coupe du monde 2022. Les mortiers, en particulier, sont régulièrement utilisés par certains groupes de supporters pour célébrer les victoires, mais aussi pour provoquer des incidents. Leur interdiction s'inscrit dans une logique de dissuasion et de protection des biens et des personnes.

Un précédent dans d'autres villes

Clermont-Ferrand n'est pas la première ville à recourir à ce type de dispositif. D'autres communes françaises ont déjà expérimenté des couvre-feux pour mineurs lors de grandes compétitions sportives, avec des résultats jugés mitigés par certains observateurs. Les défenseurs des libertés publiques s'inquiètent cependant d'une normalisation de ces restrictions, qui pourraient être perçues comme une réponse disproportionnée à des risques occasionnels.

La mairie de Clermont-Ferrand a assuré que ces mesures seraient proportionnées et temporaires, et qu'elles feraient l'objet d'une évaluation après la fin de la Coupe du monde. Les forces de l'ordre locales seront mobilisées pour en assurer le respect. Les parents des mineurs concernés sont invités à anticiper ces restrictions pour éviter tout désagrément.

Réactions et perspectives

Si aucun incident majeur n'a encore été signalé dans l'agglomération clermontoise en lien avec la Coupe du monde, la municipalité a voulu prendre les devants. La décision de Toulouse, plus nuancée, pourrait inspirer d'autres grandes villes, en particulier celles accueillant des fan-zones ou des écrans géants. Le gouvernement, par la voix de son ministère de l'Intérieur, n'a pas commenté directement ces initiatives locales, mais les services préfectoraux suivent la situation de près.