Des records de chaleur quasi certains
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié jeudi ses prévisions climatiques pour les années à venir. Le bulletin estime que les températures moyennes mondiales vont se maintenir « à des niveaux record ou quasi record » d'ici 2030. Les projections, réalisées par le service britannique Met Office, indiquent qu'il y a 91 % de chances qu'au moins une année entre 2026 et 2030 dépasse de plus de 1,5 °C la température moyenne de l'ère préindustrielle. Ce seuil correspond à l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris sur le climat.
Un réchauffement persistant porté par El Niño
Les scientifiques de l'OMM soulignent que la persistance de températures élevées est favorisée par l'effet combiné du réchauffement d'origine humaine et du retour du phénomène El Niño dans le Pacifique équatorial. El Niño, qui se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface, amplifie les températures mondiales et peut provoquer des perturbations météorologiques à l'échelle planétaire. Le bulletin note également que la banquise arctique continue de fondre à un rythme accéléré, ce qui contribue à l'élévation du niveau des mers et à la modification des courants océaniques.
Conséquences attendues
L'OMM met en garde contre les impacts probables de ces prévisions. Le maintien de températures records accroît le risque de vagues de chaleur, de sécheresses, d'incendies de forêt et d'inondations dans différentes régions du globe. Les autorités climatiques appellent à renforcer les mesures d'adaptation et à accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter les effets les plus graves du changement climatique.
Un signal d'alarme pour les négociations climatiques
Ces projections interviennent alors que les négociations internationales sur le climat avancent difficilement. Bien que l'accord de Paris vise à maintenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C, et de préférence à 1,5 °C, les émissions mondiales continuent d'augmenter. Le bulletin de l'OMM constitue un nouveau signal d'alarme pour les gouvernements, à moins de cinq ans de l'échéance de 2030.