La transition présidentielle colombienne prend un tour particulièrement conflictuel. Le chef de l'État sortant, Gustavo Petro, a déclaré que le prochain gouvernement, dirigé par le président élu Abelardo de la Espriella, est illégitime. Ce dernier, issu de l'extrême droite, a orchestré sa prise de pouvoir en rupture avec les usages institutionnels, tandis que le candidat de gauche battu a appelé à la « désobéissance civile ».

Des accusations de légitimité rejetée

Gustavo Petro a officiellement qualifié d'illégitime l'administration à venir. Dans cette atmosphère tendue, il refuse de serrer la main de son successeur. De son côté, Abelardo de la Espriella a ordonné le boycott des réunions de transition, suspendant de fait les échanges préparatoires entre son équipe et celle du gouvernement sortant. Cet isolement mutuel complique le transfert des dossiers et des responsabilités.

Une investiture en milieu militaire

Pour marquer sa différence, le président élu a choisi une caserne pour la cérémonie d'investiture, rompant avec la tradition qui veut qu'elle se tienne dans un cadre civil à Bogota. Ce geste est interprété comme un symbole fort de sa volonté de gouverner depuis une position de force, mais il est également perçu par ses opposants comme une provocation.

Appels à la désobéissance et tensions politiques

Le candidat de gauche défait lors du dernier scrutin a déclaré entrer en « désobéissance civile », une annonce qui pourrait se traduire par des manifestations et des actions de refus de coopérer avec le nouveau pouvoir. Cette radicalisation du camp perdant risque d'alimenter l'instabilité politique dans un pays déjà marqué par de profondes divisions.

Un climat de confrontation inédit

Ces épisodes inédits dans l'histoire récente de la Colombie soulèvent des interrogations sur la capacité des institutions à assurer une passation pacifique. La décision d'Abelardo de la Espriella de boycotter la transition, couplée au refus de Gustavo Petro de reconnaître sa légitimité, crée un vide de dialogue qui pourrait freiner la mise en œuvre des premières mesures du nouveau gouvernement. Les observateurs redoutent que cette crise politique ne vienne compromettre la gouvernabilité du pays à un moment où des défis économiques et sécuritaires pressants nécessitent une coopération minimale entre les pouvoirs.