Un rendez-vous décisif fin 2023

Lorsque le propriétaire de Crystal Palace, Steve Parish, a rencontré Oliver Glasner pour la première fois à la fin de l’année 2023, il ne se doutait pas que cet entretien allait bouleverser l’histoire du club. Organisée par le directeur sportif de l’époque, Dougie Freedman, la rencontre avait pour but de jauger le technicien autrichien, alors suivi depuis ses passages à Wolfsburg et à l’Eintracht Francfort. Bien que Parish ait habituellement une préférence pour des entraîneurs ayant une expérience de la Premier League, la personnalité et le parcours de Glasner l’ont convaincu. Roy Hodgson était encore en place à Selhurst Park, mais la pression en faveur d’un changement s’intensifiait. Quand Hodgson a quitté ses fonctions en février 2024, les rouages étaient déjà en place pour la nomination de l’Autrichien.

Une saison 2024-2025 historique

Moins de deux ans et demi plus tard, Glasner a mené Crystal Palace à une victoire en Conference League, battant Rayo Vallecano 1-0 à Leipzig. Ce sacre, le premier grand trophée européen du club, intervient à l’issue d’une période de douze mois à peine croyable. « C’est l’un des meilleurs managers que Crystal Palace ait jamais eus », a déclaré le milieu Adam Wharton. « Il a changé notre regard sur les compétitions. Nous ne cherchons plus seulement à nous maintenir en Premier League ou à aller en Europe, nous voulons gagner et être aussi haut que possible. »

Avant la Conference League, Palace avait déjà décroché la FA Cup en battant Manchester City en finale à Wembley, puis remporté le Community Shield en début de saison suivante contre Liverpool, champion d’Angleterre en titre. Au total, 375 jours inoubliables pour un club qui n’avait jamais soulevé de trophée majeur de son histoire.

Le coup de massue de l’UEFA et les transferts avortés

Pourtant, l’été 2024 aurait pu assombrir le tableau. À peine deux semaines après le triomphe en FA Cup, l’UEFA a jugé que Crystal Palace contrevenait à ses règles sur la multi-propriété de clubs, car l’homme d’affaires américain John Textor détenait des participations à la fois dans les Eagles et dans l’Olympique Lyonnais, également qualifié pour la Ligue Europa. Résultat : Palace a été rétrogradé de la Ligue Europa vers la Conference League. Steve Parish a qualifié cette décision de « probablement l’une des plus grandes injustices de l’histoire du football européen », avant que le recours auprès du Tribunal Arbitral du Sport ne soit rejeté.

Malgré ce revers, les Londoniens n’ont pas perdu leur élan. Ils ont débuté la saison en dominant Liverpool lors du Community Shield, de nouveau à Wembley. Mais les turbulences se sont poursuivies avec le départ de la star Eberechi Eze, parti à Arsenal pour un montant record. Le capitaine et défenseur Marc Guehi a bien failli suivre le même chemin vers Liverpool, mais le transfert a capoté au dernier jour du mercato, faute de remplacement validé (le dossier Igor Julio, de Brighton, n’ayant pas abouti). Selon des informations, Glasner aurait menacé de quitter le club si Parish avait donné son aval au départ de Guehi. L’entraîneur autrichien, alors en dernière année de contrat, estimait que le club ne pouvait pas se permettre de perdre son meilleur défenseur à l’aube d’une campagne européenne inédite.

Un héritage durable

Oliver Glasner quitte donc Selhurst Park après avoir offert à Crystal Palace ses plus grands moments. Au-delà des trophées, il a profondément changé l’ambition du club, passant d’une simple quête de maintien à une volonté de briller sur tous les fronts. Le successeur de l’Autrichien héritera d’une équipe qui a goûté au succès et qui veut désormais s’installer parmi les cadors du football anglais et européen.