Un conflit commercial d'une ampleur inédite s'installe dans la durée. Depuis le lancement en 2025 d'une salve de tarifs douaniers baptisée « Liberation Day » par l'administration américaine, les relations économiques entre grandes puissances se recomposent rapidement, sans qu'une issue paraisse se dessiner.
Réactions en chaîne
Face à la hausse des droits de douane imposée par les États-Unis, plusieurs partenaires commerciaux ont accéléré leurs propres négociations. L'Union européenne a ainsi conclu un accord commercial avec le bloc sud-américain du Mercosur, un projet qui stagnait depuis des années. De leur côté, la Chine et les nations d'Asie du Sud-Est ont renforcé leur accord de libre-échange. Plus symboliquement encore, le Premier ministre canadien, Mark Carney, s'est rendu à Pékin dans l'espoir de resserrer les liens bilatéraux.
Toutefois, l'idée de restaurer un système commercial ouvert et multilatéral semble compromise. La priorité qui émerge est de freiner la machine exportatrice chinoise et de réduire sa dépendance vis-à-vis de Pékin pour des intrants stratégiques : composants pharmaceutiques, minéraux critiques ou semi-conducteurs indispensables à de nombreuses industries.
Coûts économiques en vue
Les États-Unis restent le principal adversaire de la Chine dans cette confrontation, mais d'autres puissances, en Europe comme ailleurs, explorent leurs propres arsenaux de mesures : droits de douane, subventions intérieures, contrôles à l'exportation. La facture économique s'annonce lourde. Les prix des biens de consommation devraient augmenter sous l'effet des restrictions sur les importations chinoises. Les industriels subiront le renchérissement des approvisionnements en provenance de Chine. De leur côté, les exportateurs chinois peineront à trouver de nouveaux débouchés, tandis que les entreprises américaines et européennes risquent d'être exclues du marché chinois.
Le risque d'une escalade
Au-delà des conséquences immédiates, un danger plane : la Chine pourrait, comme par le passé, exploiter sa position dominante sur des ressources critiques pour exercer des représailles asymétriques. La guerre commerciale, loin d'être un épisode ponctuel, semble promise à durer, remodelant durablement les chaînes d'approvisionnement mondiales.