Une enquête judiciaire a été ouverte à Grenoble à la suite de l'interruption du concert de la DJ Barbara Butch, survenue samedi 19 juillet en soirée. Le parquet local a annoncé ce mardi 21 juillet avoir diligenté une procédure pour « délit d'entrave concertée aux libertés », une infraction passible d'un an d'emprisonnement. Les investigations ont été confiées au service local de police judiciaire de la ville.

Les faits se sont déroulés aux alentours de 22 heures dans le cadre du festival Cabaret Frappé, événement organisé par la municipalité depuis vingt-cinq ans. Une vingtaine de minutes après le début de sa prestation, Barbara Butch a dû quitter la scène en raison d'une manifestation menée par des militants propalestiniens et des membres de La France insoumise. Selon les autorités, des bouteilles en verre et d'autres projectiles ont été lancés en direction de la scène, forçant l'arrêt du spectacle.

Barbara Butch, figure emblématique des nuits parisiennes LGBTQ+ âgée de 45 ans, était également connue pour sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024. Les protestataires lui reprochaient d'avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme ». Ce texte, vivement contesté, a depuis été retiré. L'artiste est de confession juive.

La mairie de Grenoble a indiqué qu'elle allait déposer une plainte contre X. L'adjoint à la culture, Alexis Monge, a également porté plainte pour intimidation et jets de projectiles. De son côté, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, a dénoncé l'attitude de La France insoumise, estimant que cette formation politique cherchait à « soumettre les artistes et le monde de la culture à leur agenda politique ».

L'enquête en cours devra déterminer les circonstances exactes de cette interruption et identifier les auteurs des violences. Le parquet rappelle que le délit d'entrave concertée aux libertés peut être puni d'une peine d'emprisonnement. Cette affaire suscite de vives réactions dans le monde politique et culturel, alors que les tensions autour des questions de liberté d'expression et d'engagement artistique restent vives.