L'initiative, dévoilée par le secrétaire national du parti, Marine Tondelier, vise à répondre à l'augmentation des phénomènes météorologiques violents, tels que les inondations, les incendies ou les canicules, qui perturbent le quotidien des travailleurs. Selon le texte de la pétition, ce « congé climatique » permettrait aux employés de faire face aux conséquences directes de ces événements sans subir de perte de salaire.
La proposition prévoit un plafond annuel de cinq jours ouvrés, utilisables pour se protéger, évacuer son domicile, ou gérer les démarches administratives liées au sinistre. Les Écologistes précisent que ces journées seraient comptabilisées comme du temps de travail effectif et ne pourraient pas être refusées par l'employeur, sur présentation d'un justificatif officiel (alerte météorologique, ordre d'évacuation, constat de dégâts).
Un dispositif inspiré de modèles étrangers
Cette revendication s'inspire de dispositifs déjà existants dans plusieurs pays. Au Canada, la province de la Colombie-Britannique a introduit un congé de trois jours pour les victimes de catastrophes naturelles. En Nouvelle-Zélande, un « congé pour catastrophes » est prévu dans certains contrats collectifs. Les Écologistes estiment que le système français, qui repose actuellement sur l'utilisation de jours de RTT, de congés payés ou d'arrêts maladie, est inadapté face à la fréquence croissante des aléas climatiques.
Le parti écologiste souhaite que cette mesure soit intégrée dans le code du travail et financée par un fonds de solidarité abondé par une cotisation des entreprises. La pétition en ligne, ouverte à tous les citoyens, a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures en quelques jours, selon les organisateurs.
Des réactions politiques contrastées
La droite et le patronat ont immédiatement critiqué cette proposition, y voyant une charge supplémentaire pour les entreprises et une complexification du droit du travail. Le ministre du Travail, interrogé sur le sujet, a qualifié la pétition de « gadget politique » et a rappelé que le gouvernement privilégie les solutions d'assurance et de prévention.
À gauche, la proposition est saluée comme une avancée sociale nécessaire. La France insoumise et le Parti socialiste ont exprimé leur soutien de principe, tout en demandant des précisions sur les modalités de mise en œuvre. Les syndicats se montrent partagés : la CFDT estime qu'il faut « aller plus loin que la simple déclaration d'intention », tandis que la CGT rappelle que « le vrai problème est le manque de moyens pour la prévention climatique ».
Un débat qui s'annonce vif
Cette pétition intervient alors que l'été 2026 a connu plusieurs épisodes de chaleur extrême et d'incendies en France, relançant le débat sur l'adaptation du pays au changement climatique. Les Écologistes espèrent faire de cette revendication un thème central de leur campagne pour les élections législatives de 2027.
Marine Tondelier a insisté sur le fait que le congé climatique n'est pas une « prime à la paresse », mais une « mesure de bon sens » permettant de concilier vie professionnelle et sécurité des personnes. « Quand votre maison brûle ou que votre quartier est sous les eaux, vous n'êtes pas en état de travailler », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. « Il faut que la loi protège les travailleurs en situation d'urgence climatique. »
Le gouvernement, de son côté, n'a pas fermé la porte à une réflexion sur le sujet, tout en se montrant prudent. Le ministère du Travail a indiqué qu'une mission d'information parlementaire pourrait être lancée pour étudier les pistes d'amélioration de l'accompagnement des salariés face aux risques naturels. L'issue de la pétition, qui comptera sur le nombre de signatures recueillies d'ici à la fin de la période de collecte, est toutefois sans précédent dans le débat public.