Un conste d'une sévérité inédite

Le ministre des Transports a admis que le contrôle aérien français n’était « pas à la hauteur », suscitant une vive réaction au Sénat. Selon lui, le système souffre d’une « allocation rigide » des effectifs, qui ne permet pas de répondre à la croissance du trafic. Ces propos font suite à des données accablantes : en 2025, les dysfonctionnements de la navigation aérienne ont généré 6,6 millions de minutes de retard cumulées pour les vols, soit un record.

Face à cette situation, un sénateur a exhorté le gouvernement à accélérer les embauches de contrôleurs aériens. Il met en garde contre « un blocage du ciel européen » si des mesures ne sont pas prises rapidement. L’élu, qui suit le dossier budgétaire de la direction générale de l’Aviation civile (DGAC), estime que les plans de recrutement en cours sont insuffisants au regard de l’augmentation du nombre de vols et des départs à la retraite à venir.

Des chiffres alarmants

Les 6,6 millions de minutes de retard imputables au contrôle aérien français placent le pays parmi les mauvais élèves en Europe. Les compagnies aériennes, qui subissent des surcoûts importants, dénoncent régulièrement les lenteurs et les grèves récurrentes. Le ministre a reconnu ces difficultés, sans toutefois annoncer de mesures immédiates. Il a évoqué une réflexion en cours sur la répartition géographique des contrôleurs, jugée inadaptée aux flux actuels.

La pression des syndicats et des transporteurs

Les syndicats de contrôleurs aériens réclament depuis plusieurs mois une revalorisation salariale et des recrutements supplémentaires pour alléger des charges de travail jugées insoutenables. De leur côté, les compagnies aériennes, notamment low-cost, multiplient les alertes sur les conséquences économiques des retards. Le sénateur a joint sa voix à ces appels, soulignant que la France ne peut plus se permettre de voir son espace aérien régulièrement perturbé.

Un enjeu européen

La question dépasse les frontières françaises. Plusieurs pays voisins, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont déjà engagé des réformes de leur contrôle aérien. À Bruxelles, la Commission européenne suit de près le dossier, dans le cadre du Ciel unique européen, qui vise à harmoniser les services de navigation. Le sénateur prévient qu’en l’absence d’efforts, la France risque d’être pointée du doigt pour son manque de fiabilité et de freiner la reprise du trafic aérien.

Quelles suites attendre ?

Pour l’instant, le gouvernement n’a pas communiqué de calendrier précis pour de nouvelles embauches. Le ministre des Transports a indiqué que le rapport sur la performance du contrôle aérien, commandé au printemps, serait rendu public dans les semaines à venir. En attendant, la pression monte au sein du Parlement, où plusieurs élus entendent interpeller le gouvernement à l’occasion du prochain projet de loi de finances.