Une réunion de coordination sous l'égide de Matignon
Face à la persistance d'un épisode de températures élevées dans le sud de la France, le ministre de la transition écologique, Sébastien Lecornu, a fait savoir qu'il présiderait une cellule interministérielle de crise jeudi 2 juillet à Marseille. Cette annonce intervient alors que plusieurs départements du pourtour méditerranéen sont maintenus en vigilance orange canicule par les services météorologiques.
La réunion se tiendra dans les locaux de la préfecture des Bouches-du-Rhône, en présence des préfets des zones concernées, des services de sécurité civile, de délégués de l'agence régionale de santé ainsi que des opérateurs de réseaux électriques et de transport. L'objectif affiché est de faire un point précis sur la situation dans chaque département, d'ajuster les dispositifs d'alerte et de veiller à la continuité des services essentiels.
Un contexte déjà marqué par des controverses
Cet épisode de chaleur survient dans un climat politique tendu. Le précédent bilan officiel des vagues de chaleur de l'été 2025, qui faisait état d'environ 10 000 décès supplémentaires attribués aux températures extrêmes, a été contesté par le ministre lui-même. Sébastien Lecornu s'était déclaré favorable à la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire pour clarifier les méthodes de comptage et les responsabilités éventuelles.
L'opposition avait de son côté vivement critiqué la gestion gouvernementale, employant les termes d'« incompétence » et d'« inaction » pour dénoncer un manque de préparation face aux épisodes caniculaires récurrents. Ces accusations étaient intervenues après une série de réunions de crise tenues fin juin, alors que les températures commençaient à baisser dans le nord du pays mais restaient élevées dans la moitié sud.
Les enjeux de cette nouvelle cellule
La réunion de jeudi devra notamment aborder les conséquences directes des fortes chaleurs sur la population : accès aux soins dans les zones les plus touchées, dispositifs de rafraîchissement pour les personnes âgées et les plus vulnérables, et gestion des pics de consommation électrique liés à la climatisation. Les services de santé locaux redoutent une nouvelle hausse des admissions aux urgences pour hyperthermie et déshydratation.
Sur le plan agricole, les viticulteurs et arboriculteurs du pourtour méditerranéen suivent avec inquiétude l'évolution de la sécheresse, déjà aggravée par plusieurs mois de précipitations inférieures à la normale. Une partie des mesures discutées jeudi pourrait concerner des aides d'urgence pour les exploitations sinistrées.
Une position renforcée pour le ministre
Sébastien Lecornu, qui avait déjà présidé une première cellule de crise le 23 juin, avait alors alerté sur les « risques multiples » liés à la canicule : sanitaires, mais aussi pour les infrastructures et l'approvisionnement en eau. Sa présence à Marseille jeudi témoigne de la volonté du gouvernement de maintenir un suivi rapproché de la situation, alors même que les prévisions météorologiques n'annoncent pas de refroidissement significatif dans les jours à venir.
Dans son entourage, on assure que cette nouvelle réunion ne vise pas à répondre aux polémiques politiques, mais bien à assurer la coordination opérationnelle entre l'État, les collectivités locales et les opérateurs publics. Les conclusions de la cellule devraient être rendues publiques dans l'après-midi de jeudi.