Le cortège funèbre de l’ayatollah Ali Khamenei, décédé fin février lors de bombardements attribués à Israël et aux États-Unis, a débuté sa traversée de Téhéran lundi 6 juillet. La télévision d’État iranienne, qui consacre l’intégralité de ses programmes à l’événement, a montré le cercueil quittant la Grande Mosalla, où il avait été exposé pendant deux jours. Des centaines de milliers de personnes, vêtues de noir pour beaucoup, se sont massées le long du parcours, brandissant des portraits du défunt guide ou des drapeaux iraniens.
La procession, qui doit durer entre dix et douze heures, emprunte notamment la rue Enghelab (« Révolution »), artère emblématique de la capitale. Selon les autorités, des millions de citoyens sont attendus pour ce troisième jour d’obsèques nationales, conçues comme une démonstration d’unité et de puissance par le pouvoir iranien.
Sur la place de l’imam Hussein, dans l’est de Téhéran, des participants ont procédé à une mise en scène hostile à l’égard du président américain Donald Trump. La télévision d’État a diffusé une vidéo montrant un mannequin pendu à un gibet de fortune, tandis que des pancartes portaient les inscriptions « À bas les États-Unis » ou représentaient M. Trump recouvert d’une cible. D’autres images, prises par des agences de presse, montrent une foule compacte sur la place de la Révolution islamique.
Les autorités ont pris des précautions pour éviter les mouvements de foule. Le cercueil avait été tenu à distance du public lors de l’exposition à la Mosalla, protégé par de hauts murs de béton. Cette prudence fait écho au précédent des funérailles du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, en juin 1989. À l’époque, une foule en transe avait pris d’assaut le cortège, déchirant le linceul et faisant tomber le corps à terre. Selon l’agence officielle Irna, plus de dix millions de personnes étaient présentes, et les bousculades avaient causé plus de dix morts et dix mille blessés. Le corps de Khomeini avait finalement dû être transporté par hélicoptère.
La question de la succession reste en toile de fond, sans être abordée directement lors des cérémonies. Les hommages publics, ouverts samedi 4 juillet, ont attiré une affluence considérable dans l’enceinte de la Grande Mosalla. Le cortège funèbre de lundi constitue le point d’orgue de ces trois jours de deuil national, avant l’inhumation prévue dans un lieu non précisé.