Le carré final du Mondial 2026 est connu : la France, l'Espagne, l'Angleterre et l'Argentine se disputent les deux places pour la finale. Après six rencontres disputées, les statistiques révèlent des forces et des faiblesses contrastées qui pourraient décider du sort des demi-finales.
Attaque : la France domine, l'Argentine punit
Sur le plan offensif, les Bleus se distinguent par leur volume et leur efficacité. Ils présentent la meilleure moyenne de buts par match, le nombre de tirs le plus élevé (à égalité avec l'Espagne) et le meilleur ratio de buts attendus (Expected Goals) par 90 minutes parmi les quatre équipes. Avec 16 réalisations, Kylian Mbappé et ses coéquipiers ont scoré à un rythme soutenu.
L'Argentine, championne en titre, totalise 17 buts, soit le plus grand nombre absolu, mais elle a disputé une heure de jeu de plus que la France et l'Espagne en raison des prolongations. Les hommes de Lionel Messi se montrent les plus « cliniques » : ils convertissent 18 % de leurs occasions, un record du dernier carré.
L'Angleterre, malgré une création de jeu jugée moins prolifique que ses concurrentes (elle a généré moins d'occasions franches), parvient à inscrire plus de deux buts par match grâce à la finition de Jude Bellingham et Harry Kane. L'Espagne, en revanche, souffre d'un paradoxe : avec 110 tirs – autant que la France – elle n'a marqué que 11 fois, soit près d'un but de moins par rencontre que le champion en titre.
Défense : l'Espagne intraitable, l'Angleterre et l'Argentine poreuses
Derrière, la Roja de Luis de la Fuente a fait preuve d'une solidité exceptionnelle. Elle n'a encaissé son premier but du tournoi qu'en quarts de finale contre la Belgique. La France n'a concédé que deux buts en six matchs, une performance quasi similaire.
À l'inverse, l'Angleterre et l'Argentine ont chacune encaissé six buts et affiché des faiblesses défensives. Les Three Lions sont la formation du dernier carré qui a concédé le plus d'opportunités à ses adversaires. De quoi laisser présager des rencontres ouvertes.
Les duels des demi-finales
France – Espagne : le choc des philosophies
Le premier choc opposera mardi l'attaque la plus redoutable du tournoi à la défense la plus hermétique. La France de Didier Deschamps aligne une profondeur de banc impressionnante : Ousmane Dembélé compte cinq buts, Michael Olise est le meilleur passeur de la compétition avec cinq passes décisives. Kylian Mbappe, avec huit buts, n'est plus qu'à une réalisation du record de Lionel Messi dans l'histoire de la Coupe du monde.
En face, l'Espagne cherche encore son meilleur niveau offensif. Lamine Yamal, la pépite du FC Barcelone, ne s'est illustrée qu'une fois – contre l'Arabie saoudite en phase de groupes – et Mikel Oyarzabal, auteur de quatre buts, reste muet depuis deux matchs. Pour renverser les Bleus, la Roja devra trouver la faille sans se découvrir.
Angleterre – Argentine : la promesse de buts
L'autre demi-finale met aux prises deux équipes qui ont toutes deux montré des fragilités défensives. Leurs six buts encaissés chacun, couplés à une capacité offensive certaine, laissent augurer un match spectaculaire, à l'image des confrontations historiques entre les deux nations. L'Angleterre devra resserrer les rangs face à un collectif argentin porté par un Lionel Messi encore décisif et un collectif qui sait convertir ses occasions.
Le poids de l'histoire
Au-delà des chiffres, les quatre sélections portent le poids de leur histoire en demi-finale de Coupe du monde. Si la France a remporté ses quatre dernières demies, l'Angleterre n'a pas atteint une finale mondiale depuis 1966, et l'Espagne n'a gagné qu'une seule fois le trophée, en 2010. L'Argentine, tenante du titre, cherchera à devenir la première nation sud-américaine à conserver le trophée depuis le Brésil en 1962. Les statistiques ne disent pas tout, mais elles dessinent les contours d'un week-end haletant.