Un parcours qualificatif sans éclat mais efficace

La Corée du Sud aborde la Coupe du monde 2026 avec un bilan contrasté. Qualifiée sans encombre, l’équipe dirigée par Hong Myung-bo a pourtant laissé transparaître des fragilités tactiques et individuelles qui inquiètent les observateurs.

La question du système de jeu

Tout au long des éliminatoires, le sélectionneur a aligné un schéma en 4-4-2 ou 4-2-3-1, avec une défense à quatre. Ce n’est qu’en seconde période du dernier match qualificatif, une fois la qualification acquise, que Hong Myung-bo a timidement testé une défense à trois (3-4-3). Ce revirement tardif laisse peu de temps pour travailler les automatismes nécessaires. Si l’équipe devait débuter le tournoi dans ce nouveau système, le manque de préparation pourrait s’avérer préjudiciable.

L’un des principaux problèmes de ce schéma réside dans le manque de latéraux capables de jouer en tant que pistons. Le polyvalent Jens Castrop (Mönchengladbach), capable d’évoluer au milieu ou sur les côtés, apparaît comme un atout potentiel précieux pour ce dispositif.

Des cadres en question

Au-delà du système, la forme de certains piliers interroge. Son Heung-min, capitaine et figure la plus connue de la sélection, traverse une période délicate. Après une saison difficile avec Tottenham, il n’affiche pas son meilleur niveau. Le sélectionneur a tenté de dissiper les inquiétudes dans un entretien récent avec une chaîne de télévision locale, sans convaincre totalement.

D’autres joueurs clés comme Hwang Hee-chan (Wolverhampton) sont également dans une forme incertaine. Le milieu offensif Lee Kang-in (Paris Saint-Germain), souvent décisif, est attendu comme l’un des éléments créatifs majeurs.

Un groupe relevé : le groupe A

Tirée dans le groupe A, la Corée du Sud devra affronter la République tchèque, le Mexique et l’Afrique du Sud. Le premier match, contre la République tchèque le 12 juin à Guadalajara, sera crucial dès l’entame. Suivront un choc face au Mexique, pays hôte et favori du groupe, le 18 juin, puis une rencontre contre l’Afrique du Sud le 24 juin à Monterrey.

Un contexte marqué par les doutes

Le manque de préparation en matches amicaux de haut niveau et les hésitations tactiques poussent à la modestie. L’objectif affiché reste la qualification pour les huitièmes de finale, mais les spécialistes locaux estiment que les chances d’y parvenir sont faibles dans l’état actuel des choses.

Joueurs à suivre

Parmi les noms à surveiller, Jens Castrop pourrait être la révélation du tournoi pour la Corée du Sud, grâce à sa polyvalence. Bae Jun-ho (Stoke City) et Seol Young-woo (Ulsan Hyundai) comptent parmi les jeunes espoirs susceptibles d’apporter un souffle nouveau. En défense, Cho Yu-min (Shanghai Port) devra assumer un rôle central dans l’organisation.

Le poids de l'histoire

La Corée du Sud a déjà créé la surprise en 2002 en atteignant les demi-finales, performance inégalée pour une équipe asiatique. Depuis, les résultats en phase finale sont modestes (élimination en phase de groupes en 2014 et 2018, huitièmes de finale en 2022). L’équipe actuelle semble encore loin de retrouver cet éclat.

Conclusion

À l’aube du Mondial nord-américain, la Corée du Sud navigue entre doutes tactiques, méforme de ses leaders et un groupe difficile. Si le potentiel offensif et la polyvalence de certains joueurs offrent des motifs d’espoir, le manque de préparation et les incertitudes pèsent lourd sur les ambitions.