L’Arabie saoudite aborde la Coupe du monde 2026 avec des attentes sans précédent. Le royaume a injecté près de deux milliards d’euros ces dernières années dans le football, attirant des stars internationales dans son championnat et modernisant ses structures. Pourtant, sur le terrain, les résultats restent contrastés : après un nul prometteur face à l’Uruguay (1-1), les hommes de Roberto Mancini ont subi une nette défaite contre l’Espagne (4-0), compromettant leurs chances de qualification.

Un match nul héroïque pour débuter Pour leur entrée dans la compétition, les Faucons Verts ont surpris les observateurs en tenant tête à l’Uruguay, équipe expérimentée et habituée des grands rendez-vous. Menés au score après l’ouverture du compte d’Al-Amri (40e), les Saoudiens ont résisté aux assauts de la Celeste grâce à une prestation solide du gardien Al-Owais, auteur de plusieurs arrêts décisifs. L’égalisation uruguayenne en seconde période n’a pas entamé la combativité des Saoudiens, qui auraient même pu l’emporter. Ce résultat a suscité l’espoir, montrant que l’équipe, classée 59e au classement Fifa, pouvait rivaliser avec des nations plus réputées.

Une leçon de réalisme face à l’Espagne Cependant, la deuxième rencontre a douché ces espoirs. Face à une Roja emmenée par le jeune prodige Lamine Yamal, les Saoudiens ont encaissé quatre buts sans parvenir à en marquer un seul. L’entrée fracassante de Yamal, auteur d’un but et d’une prestation éclatante avant de sortir à la mi-temps par précaution, a mis en lumière les carences défensives de l’Arabie saoudite. Mikel Oyarzabal, avec un doublé, a également profité des espaces laissés par une défense saoudienne fragile. La sélection a semblé dominée techniquement et tactiquement, incapable de reproduire l’énergie affichée contre l’Uruguay.

Un investissement massif aux résultats mitigés Ces performances contrastées surviennent dans un contexte d’investissement colossal. Depuis plusieurs années, l’Arabie saoudite a fait du football un levier de son soft power, attirant des joueurs de renom comme Cristiano Ronaldo, Neymar ou Karim Benzema dans le championnat local. La fédération a également recruté l’entraîneur italien Roberto Mancini, champion d’Europe en 2021, pour diriger la sélection nationale. Des académies et infrastructures ont été développées à un rythme accéléré. Pourtant, la transition vers des résultats probants en équipe nationale semble plus lente que prévu. La défaite contre l’Espagne, candidate sérieuse au titre, rappelle le fossé qui sépare encore les Saoudiens des toutes meilleures équipes du monde.

Quelles perspectives pour la suite ? Avec un point en deux matches, l’Arabie saoudite doit impérativement gagner son dernier match de groupe pour espérer se qualifier pour les seizièmes de finale. L’adversaire n’est pas encore connu, mais l’équipe devra montrer un tout autre visage que celui affiché face à l’Espagne. La pression est forte sur les épaules de Mancini et de ses joueurs, qui doivent prouver que l’argent investi peut produire des fruits sur la scène internationale. Les supporters saoudiens, eux, attendent un sursaut d’orgueil pour croire encore à l’exploit.