À l'approche du premier Mondial de l'histoire élargi à 48 équipes, un modèle de simulation développé par le laboratoire DTAI Sports Analytics de l'Université KU Leuven actualise les pronostics et place l'Espagne comme favorite incontestée avec 24 % de chances de remporter le trophée. Ce chiffre la place nettement devant l'Argentine (17 %), tenante du titre, et la France (11 %), finaliste de l'édition précédente.

L'Espagne, une dynamique impressionnante

Le modèle s'appuie sur les performances récentes de chaque sélection. L'Espagne a remporté l'Euro 2024, n'a perdu la finale de la Ligue des nations qu'aux tirs au but et est restée invaincue lors des qualifications, n'encaissant que deux buts. Elle possède, selon l'analyse statistique, la meilleure attaque et la deuxième meilleure défense du tournoi. Son effectif, jeune et solide, est emmené par des joueurs comme Lamine Yamal et Pedri, évoluant tous dans les plus grands clubs européens. Son parcours potentiel lui permettrait d'éviter les autres grandes nations jusqu'à une éventuelle demi-finale contre la France.

L'Argentine, la force de l'expérience mais un effectif vieillissant

L'Argentine, championne du monde en titre, affiche la deuxième probabilité de victoire (17 %). Depuis son sacre au Qatar, elle a remporté la Copa America 2024 et terminé en tête des éliminatoires sud-américains avec neuf points d'avance. Cependant, le modèle n'intègre pas l'âge des joueurs : l'équipe repose toujours sur le même noyau qu'en 2022, désormais sensiblement plus âgé. La capacité de cette génération à tenir la distance dans un tournoi rallongé reste une inconnue. En cas de première place de son groupe, elle bénéficierait du soutien du public à Miami mais devrait composer avec la chaleur et l'humidité. Une deuxième place l'exposerait à un affrontement précoce avec l'Espagne.

La France, un effectif profond mais un tirage compliqué

La France, championne en 2018 et finaliste en 2022, obtient 11 % de chances de victoire. Sa principale force réside dans sa profondeur de banc, qui pourrait permettre une rotation efficace pour gérer les contraintes du nouveau format. Son chemin vers le titre s'annonce néanmoins ardu : après un probable trente-deuxième de finale contre la Suède (qui a très mal performé en qualifications et ne doit sa présence qu'à la Ligue des nations), le tableau deviendrait très relevé avec l'Allemagne, les Pays-Bas, puis une demi-finale contre l'Espagne.

Angleterre et Brésil complètent le top 5

L'Angleterre arrive en quatrième position (7 %). Son effectif est très talentueux et l'équipe a accumulé de l'expérience en atteignant les finales des deux derniers Euros. Le modèle interroge cependant l'impact de l'intense saison de Premier League et les conditions climatiques. Son parcours dépend fortement de sa place de premier de groupe : une deuxième place mènerait à un trente-deuxième de finale contre le Portugal puis à un seizième face à l'Espagne, tandis qu'une première place offrirait un chemin plus clément mais imposerait de jouer en altitude au Mexique puis dans l'humidité de Miami.

Le Brésil ferme le top 5 avec seulement 5 % de chances — ses plus faibles probabilités avant un Mondial depuis des décennies. La dernière fois que la Coupe du monde s'est déroulée sur le sol nord-américain, en 1994, le Brésil l'avait emportée, mais le modèle ne s'appuie pas sur la nostalgie.

Belgique, Portugal et autres surprises potentielles

Derrière, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Portugal se partagent une probabilité de 4 % chacun. Le modèle note que si le Portugal et l'Argentine terminent en tête de leur groupe, il n'est pas impossible qu'ils se rencontrent en quarts de finale, offrant un possible duel entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi.

Pour la Belgique, le pronostic est moins flatteur : l'équipe mélange des cadres de la « Génération dorée » (De Bruyne, Lukaku, Courtois) à une génération plus jeune incarnée par Jérémy Doku. Leur parcours reste à déterminer.

Un format inédit et des conditions climatiques scrutées

Cette édition 2026 est la première à réunir 48 équipes, soulevant de nombreuses interrogations, notamment sur la gestion de l'effectif et les conditions de jeu. La chaleur et l'humidité, particulièrement dans les stades de Miami, ainsi que l'altitude au Mexique, pourraient jouer un rôle clé dans les performances des équipes. Les pronostics sont amenés à être actualisés après chaque match, selon les résultats réels du tournoi.