Des chiffres d'affaires en forte progression

L'organisation de la Coupe du monde 2026 s'annonce comme la plus lucrative de l'histoire pour la FIFA. L'institution dirigée par Gianni Infantino prévoit des recettes totales de 13 milliards de dollars (environ 11,2 milliards d'euros) sur le cycle 2023-2026. Pour la seule année 2026, année du Mondial organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la fédération escompte engranger 8,9 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros).

Ces montants marquent une accélération spectaculaire par rapport aux éditions précédentes. Les recettes anticipées sont plus du double de celles perçues lors du Mondial brésilien de 2014. Elles dépassent de 67% celles de la compétition russe de 2018 et de 56% celles du Qatar en 2022, qui était déjà considéré comme une édition très prolifique sur le plan financier.

Trois leviers de croissance

Plusieurs facteurs expliquent cette envolée des comptes. Le passage de 32 à 48 équipes qualifiées, qui porte le nombre de rencontres de 64 à 104, constitue le premier moteur. L'augmentation du nombre de matchs génère mécaniquement davantage de recettes de billetterie. La FIFA attend trois milliards de dollars de la vente des billets, soit le triple du montant perçu au Qatar il y a quatre ans.

Les droits de retransmission télévisée constituent le deuxième pilier. Ils devraient rapporter quatre milliards de dollars à la fédération, en hausse de 34% par rapport au cycle précédent. Les partenariats commerciaux, troisième source de revenus, progressent quant à eux de 21%.

Un marché nord-américain porteur

« L'organisation entre États-Unis, Canada et Mexique offre une visibilité importante aux sponsors », analyse Raffaele Poli, recteur de l'Observatoire du football au CIES de Neuchâtel. Le chercheur voit dans ces performances « une tendance de long terme », la FIFA ayant « amélioré ses techniques pour monétiser l'événement » au fil des cycles.

Le marché nord-américain, particulièrement attractif pour les annonceurs, explique en partie cette dynamique. La présence de trois pays hôtes permet de toucher des publics étendus et diversifiés, ce qui renforce l'attrait commercial de la compétition auprès des marques.

Des retombées économiques attendues mais controversées

Au-delà des recettes de la FIFA, l'événement promet des retombées économiques se chiffrant en dizaines de milliards de dollars pour les trois nations organisatrices. Les autorités locales mettent en avant les effets positifs sur le tourisme, les transports et la construction d'infrastructures.

Plusieurs économistes invitent toutefois à la prudence face à ces projections. L'expérience des précédentes grandes compétitions sportives montre que les bénéfices annoncés sont parfois surestimés, et que les coûts d'organisation (sécurité, transport, aménagements) peuvent peser lourdement sur les budgets publics.

Un format amené à durer

La compétition 2026 servira de test grandeur nature pour le nouveau format à 48 équipes, qui pourrait être reconduit pour les éditions suivantes. La FIFA mise sur l'attractivité commerciale de cette formule élargie pour continuer à augmenter ses recettes. Les prochains Mondiaux, attribués à l'Arabie saoudite pour 2034 et à un trio Maroc-Espagne-Portugal pour 2030, bénéficieront de l'expérience nord-américaine.

Avec 11,2 milliards d'euros de recettes anticipées, la Coupe du monde 2026 confirme le statut du football comme sport le plus rentable au monde. Reste à savoir si les promesses financières se traduiront en résultats concrets pour les villes hôtes et les populations locales.