Le 14 juin, lors du match de groupe H de la Coupe du monde 2026 opposant la Suède à la Tunisie à Monterrey, le milieu de terrain Yasin Ayari a inscrit un doublé. Pourtant, après son premier but, un tir puissant en pleine lucarne intervenu dès la septième minute, le joueur de 22 ans n'a pas célébré. Il a levé les mains, puis s'est agenouillé pour une prosternation, sans aucune expression de joie.
Ce comportement trouve son explication dans les racines du joueur. Né en Suède d'un père tunisien et d'une mère marocaine, Ayari a grandi dans la banlieue de Stockholm. À 18 ans, il a choisi de représenter le pays qui l'a vu naître, plutôt que la Tunisie, qui lui avait pourtant fait une proposition. Son père, Azzouz Ayari, a confié au quotidien suédois Aftonbladet : « Je voulais qu'il joue pour la Suède. Il doit se sentir redevable envers le pays qui a pris soin de lui. »
Un parcours initié tôt
Ayari a débuté le football à sept ans dans le club de sa ville, Rasunda, à Solna. Il a ensuite rejoint l'AIK, l'un des géants du football scandinave, où il a fait ses débuts en équipe première en 2020. Recruté par le club anglais de Brighton & Hove Albion, il évolue aujourd'hui en Premier League. Son entraîneur en sélection, Graham Potter, a souligné dans une déclaration vidéo que « tout joueur rêve de jouer une Coupe du monde », commentant la performance de son protégé.
Un geste respecté
En refusant de célébrer, Ayari a voulu marquer son respect pour le pays de son père. Les images de sa prosternation ont été largement relayées, et son attitude a été saluée par les observateurs comme un signe de maturité. La Suède s'est imposée 5-1, mais c'est ce geste qui a retenu l'attention au-delà du score. Le joueur aurait pu, jusqu'à il y a quatre ans, porter le maillot tunisien, mais son choix de carrière est désormais fixé.
Ce premier match de Coupe du monde pour Ayari restera marqué par cette dualité : une performance remarquable et une réserve significative, reflet d'un héritage familial qu'il n'entend pas renier.