Alors que la Coupe du Monde 2026 s'ouvre le 11 juin sur le continent nord-américain, l'équipe de France fait figure de favorite. Première nation au classement FIFA, elle peut s'appuyer sur un effectif d'une densité rare, capable selon certains observateurs de constituer deux ou trois équipes compétitives pour le tournoi.
Un parcours record à consolider
Les Bleus ont participé à seize éditions de la Coupe du Monde, pour deux titres (1998, 2018). Depuis les échecs des qualifications de 1990 et 1994, la sélection a atteint le dernier carré lors de quatre des sept dernières éditions. Malgré cette régularité, un sentiment de gâchis persiste : le réservoir de talents n'a pas toujours été converti en trophées supplémentaires. Le style de jeu, jugé trop prudent sous l'ère Didier Deschamps, a souvent été critiqué. Le sélectionneur, seul homme à avoir remporté le Mondial comme joueur et comme entraîneur, a annoncé qu'il quitterait ses fonctions après le tournoi.
Le dilemme offensif de Deschamps
Le pragmatisme défensif, résumé par Antoine Griezmann pendant l'Euro 2024 par la formule « c'est pénible à regarder, mais ça fait gagner », semble avoir atteint ses limites lors du dernier championnat d'Europe, où les Buts tricolores provenaient surtout de penalties et de contre-son-camp. L'animation offensive s'est trouvée émoussée. Depuis, Deschamps a indiqué vouloir rendre son équipe « moins prévisible et plus lisible ». Une tournée américaine en mars, ponctuée de cinq buts en deux rencontres contre le Brésil et la Colombie, a laissé entrevoir une volonté de desserrer le frein à main. Reste à savoir si cette ambition ne se fera pas au détriment de la solidité défensive.
Mbappé à la poursuite du record de Fontaine
L'attaquant du Real Madrid, Kylian Mbappé, sera le fer de lance offensif. Avec 42 buts et 7 passes décisives en 44 matchs toutes compétitions confondues cette saison, il affiche une forme resplendissante, en dépit d'une saison irrégulière collectivement pour son club. Il lui faut seulement deux réalisations pour dépasser Just Fontaine (13 buts) et devenir le meilleur buteur français de l'histoire en Coupe du Monde. Son influence dans les matches à élimination directe a parfois été contrastée – malgré un triplé historique en finale de la précédente édition – et sa condition physique, perturbée par des pépins cette saison, sera un facteur clé.
Un banc offensif pléthorique
Mbappé n'est pas le seul atout offensif. Ousmane Dembélé, Ballon d'Or l'année précédente, a remporté avec le Paris Saint-Germain la Ligue des champions 2025, puis récidivé contre Arsenal le 30 mai pour un deuxième titre consécutif. Derrière eux, le jeune Désiré Doué (21 ans) s'impose comme une révélation. Michael Olise, auteur d'une saison éclatante au Bayern Munich, a notamment contribué à l'élimination du Real Madrid en quarts de finale de la C1. Bradley Barcola, Marcus Thuram, Rayan Cherki et Jean-Philippe Mateta complètent un réservoir offensif capable de compenser l'absence sur blessure d'Hugo Ekitike, victime d'une rupture du tendon d'Achille.
La question de l'équilibre collectif
La profusion de talents comporte un risque : la gestion des egos et la préservation de l'harmonie du groupe. Deschamps, dont la compétence à maintenir la cohésion est reconnue, sera confronté à ce défi tout au long du tournoi. L'équipe évolue dans le groupe I de la compétition, où elle affrontera notamment le Sénégal et l'Irak. Sa capacité à libérer son potentiel offensif tout en conservant l'efficacité défensive qui a fait sa force déterminera si ce Mondial 2026 restera comme le chant du cygne d'un sélectionneur record ou l'avènement d'un nouveau cycle.