Une désillusion à Dallas
Le parcours des Bleus dans cette Coupe du monde s'est brutalement arrêté mardi soir à Dallas. Dominés de bout en bout par une Roja impériale, les hommes de Didier Deschamps se sont inclinés 2-0 en demi-finale, une rencontre qu'ils ont totalement manquée. L'Espagne, invaincue, n'a encaissé qu'un seul but dans toute la compétition et a logiquement validé son billet pour la finale de dimanche, où elle retrouvera l'Argentine.
La statistique la plus frappante de cette soirée cauchemardesque pour la France : un ‘expected goals’ (xG) de seulement 0,3, le plus faible total jamais enregistré par l'équipe de France lors d'un match de Coupe du monde depuis que les données Opta existent (1966). Les Bleus n'ont cadré que trois frappes, dont deux dans le temps additionnel de la seconde période, signées Ousmane Dembélé. Le gardien espagnol Unai Simon n'a jamais été véritablement inquiété.
Un trio offensif aux abonnés absents
L'attaque tricolore, portée par Kylian Mbappé et ses huit buts dans le tournoi, est restée muette. Mbappé n'a touché que quatre ballons dans la surface adverse et n'a pas cadré le moindre tir. Michael Olise, lui, n'a touché qu'un seul ballon dans la zone de vérité espagnole. Ce trio magique, évoqué par la presse après avoir ébloui lors des tours précédents, a cette fois complètement déçu. Ousmane Dembélé a été le seul à tenter sa chance dans le temps additionnel, en vain.
Le sélectionneur Didier Deschamps, qui dirigeait son dernier match à la tête des Bleus, n'a pas caché son amertume. Interrogé après la rencontre, il a laissé entendre des doutes sur le niveau de l'arbitrage dans une telle affiche, avant d'ajouter être «fier» de ce qu'a accompli son groupe.
Des supporters groggy
Dans l'Hexagone, la déception était immense. De nombreux supporters, qui se voyaient déjà en finale, ont exprimé leur tristesse. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes. À Paris, les forces de l'ordre ont interpellé 141 personnes en marge des célébrations du 14-Juillet et de la retransmission du match.
Même les coureurs du Tour de France, en pleine étape à Vichy mercredi matin, ont partagé leur consternation. «Ce n'était pas un match super agréable à regarder», a confié l'un d'eux, résumant le sentiment général.
La petite finale : un match pour l'honneur
Les Bleus devront rapidement se remobiliser. Samedi 18 juillet à Miami (23h00 heure française), ils affronteront l'Angleterre pour la troisième place. Les Anglais, battus en demi-finale par l'Argentine (2-1), eux aussi déçus, ne cacheront pas leur envie de finir sur le podium.
Ce sera la quatrième «petite finale» de l'histoire de l'équipe de France. Le bilan est favorable : deux victoires (1958 contre l'Allemagne de l'Ouest 6-3, et 1986 contre la Belgique 4-2 après prolongation) et une défaite (1982 contre la Pologne 3-2). En 1958, Raymond Kopa avait inscrit un quadruplé, établissant un record de 13 buts dans un Mondial.
Le sélectionneur anglais Thomas Tuchel, interrogé avant la rencontre, avait confié «ne pas vouloir jouer» ce match pour la troisième place, tout en assurant qu'il l'aborderait «avec professionnalisme». Les deux équipes tenteront de terminer la compétition sur une note positive.
La finale : Espagne – Argentine
Pendant ce temps, l'Espagne et l'Argentine se préparent pour la finale de dimanche. L'arbitre slovène Slavko Vincic a été désigné pour officier cette rencontre au sommet, qui promet d'être très disputée. Un banderole sur les Malouines exposée lors d'une conférence de presse a d'ailleurs suscité des remous, rappelant les tensions historiques entre les deux pays.
Pour les Bleus, l'objectif est désormais d'offrir une dernière satisfaction à leurs supporters et de quitter les États-Unis avec la médaille de bronze. Un succès qui ne gommera pas la déception de la demi-finale, mais qui adoucirait la fin du tournoi.