La Coupe du monde 2026 s'annonce comme le plus grand événement jamais organisé, avec 104 matches répartis sur 39 jours dans 16 villes hôtes, du Stade Azteca de Mexico jusqu'à Boston et Vancouver. Prévu pour débuter le 11 juin, ce tournoi est le fruit d'une décennie de préparatifs et de luttes d'influence. Mais au-delà des prouesses sportives, les coulisses de cette compétition sont marquées par des jeux de pouvoir intenses, où le président américain Donald Trump entend occuper le premier rôle.
L'administration Trump a cherché à s'approprier l'événement dès son attribution en 2018, voyant dans cette Coupe du monde un outil de rayonnement international et de prestige personnel. Les précédents montrent pourtant que les hôtes assoiffés de gloire ne parviennent pas toujours à en tirer le bénéfice escompté : la diplomatie sportive peut se retourner contre ses initiateurs. Dans le cas américain, le football, sport encore minoritaire dans le pays, devient un vecteur politique que le locataire de la Maison-Blanche tente de façonner à son image.
De son côté, la FIFA et son président Gianni Infantino ont joué un rôle central dans l'organisation de ce tournoi. L'instance dirigeante du football mondial, souvent éclaboussée par des scandales de corruption, a vu dans l'attribution à une coalition nord-américaine une manière de restaurer sa crédibilité. Infantino, décrit par certains observateurs comme un dirigeant au complexe messianique, a multiplié les concessions politiques pour garantir le succès de l'événement, n'hésitant pas à s'allier avec des régimes contestés.
Les tensions diplomatiques entre les trois pays hôtes ajoutent une couche de complexité. Les relations entre les États-Unis, le Mexique et le Canada sont tendues sur des dossiers commerciaux et migratoires, et la Coupe du monde sert parfois de terrain d'affrontement indirect. Trump a notamment usé de son ton belliqueux à l'égard de ses voisins, tout en proclamant sa volonté de faire de ce tournoi une vitrine de la grandeur américaine.
En coulisses, les critiques fusent quant à l'instrumentalisation du sport par le pouvoir politique. Des associations de défense des droits de l'homme s'inquiètent des conditions de travail dans les stades et du traitement des migrants pendant la compétition. Par ailleurs, la sécurité et la gestion des foules dans un contexte de polarisation politique aux États-Unis suscitent des interrogations.
Au final, cette Coupe du monde 2026 se présente comme un miroir des rapports de force contemporains : un mélange de soft power, de mégalomanie et de calculs géopolitiques. Le football, censé rassembler, devient ici le théâtre d'une lutte d'influence dont l'issue reste incertaine.