À l'approche de la Coupe du monde 2026, le moral des supporteurs allemands semble au plus bas. Selon un sondage réalisé par le diffuseur public ZDF, une écrasante majorité de la population ne croit pas en un sacre de la sélection nationale entraînée par Julian Nagelsmann.

Seuls 15 % des Allemands interrogés estiment que leur équipe deviendra championne du monde. Ce chiffre contraste fortement avec le pessimisme ambiant : 33 % des sondés anticipent une élimination dès les quarts de finale, stade où la Mannschaft pourrait se mesurer à la France. Par ailleurs, 15 % des participants envisagent une sortie en huitièmes de finale, tandis qu'une proportion identique (15 %) voit l'Allemagne atteindre le dernier carré. Enfin, 2 % des personnes interrogées redoutent une défaite en finale, ce qui porterait le total des pronostics pessimistes à une très large majorité.

Ces résultats traduisent une défiance inédite envers les performances de l'équipe nationale, pourtant habituée à figurer parmi les favorites des grandes compétitions. Le sélectionneur Julian Nagelsmann, nommé pour redonner un nouvel élan à la Mannschaft après des résultats en demi-teinte, semble peiner à convaincre le grand public de sa capacité à ramener le trophée en Allemagne.

Une série de mauvais résultats en cause

Ce scepticisme populaire s'explique par les contre-performances récentes de la sélection allemande. Depuis le titre mondial acquis en 2014 au Brésil, l'Allemagne a connu des éliminations précoces lors des tournois suivants : une sortie dès la phase de poules de la Coupe du monde 2018 en Russie, puis un nouvel échec au premier tour du Mondial 2022 au Qatar. Ces déceptions ont durablement entamé la confiance des supporteurs.

Le parcours lors de l'Euro 2024, organisé à domicile, n'a fait que partiellement rassurer : si l'équipe a atteint les quarts de finale, elle a été éliminée par l'Espagne, futur vainqueur de la compétition. Depuis, les résultats en matches amicaux et en Ligue des nations n'ont pas permis de restaurer un optimisme durable.

Un calendrier électoral chargé en parallèle

Le pessimisme sportif intervient dans un contexte politique allemand tout aussi tendu. Le même jour, le parti chrétien-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz a annulé une réunion prévue à Magdebourg, dans le Land de Saxe-Anhalt. Cette décision intervient à l'approche des élections régionales du 6 septembre, où le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) est donné vainqueur avec environ 40 % des voix, reléguant la CDU, pourtant au pouvoir dans le Land, à près de quinze points de retard.

Par ailleurs, le ministre allemand des Affaires étrangères a entamé une visite au Mexique, centrée sur les questions de trafic de drogue et de coopération économique. Le pays fait également face à d'autres défis : une majorité de citoyens doute de la capacité du gouvernement à mener des réformes, tandis que plus de la moitié des entreprises allemandes déclarent utiliser l'intelligence artificielle dans leurs activités.

Un avant-goût d'une compétition sous tension

Alors que la Coupe du monde 2026 doit se dérouler aux États-Unis, au Canada et au Mexique, l'équipe d'Allemagne tentera de conjurer le sort et de prouver que les sondages ont tort. Le premier match de la Mannschaft dans le tournoi sera scruté de près, tant par les observateurs que par des supporteurs dont l'espoir s'est considérablement amenuisé.