Le stade d'Atlanta a été le théâtre d'une des plus grandes surprises du début de la Coupe du monde 2026. Lundi, les champions d'Europe espagnols se sont heurtés à un mur nommé Vozinha. Le gardien de but du Cap-Vert, âgé de 40 ans, a repoussé toutes les offensives adverses, offrant à son pays un match nul 0-0 historique pour sa première participation à la compétition.
Dès le coup de sifflet final, l'image du portier en larmes, célébrant avec le drapeau de son pays, a fait le tour du monde. Ses coéquipiers l'ont rapidement entouré, conscients que sans ses arrêts décisifs en première période face à Ferran Torres, Pedri et Aymeric Laporte, le résultat aurait pu être tout autre. Désigné homme du match, Vozinha a expliqué l'origine de son émotion.
« J'ai pleuré parce que j'ai grandi avec mes grands-parents. Malheureusement, ils n'étaient pas là. Ils sont morts il y a quelques années. Ils étaient tout pour moi, tout dans ma vie », a-t-il confié. Avant d'ajouter une raison plus douloureuse encore : « Et aussi à cause de ma mère. Elle n'a pas pu être là à cause du visa. À cause de l'argent qu'il faut payer pour le visa, nous n'avons pas pu faire les choses à temps. J'aurais aimé qu'elle soit là. »
Un parcours de combattant pour une carrière discrète
Cette absence a mis en lumière un parcours atypique. Vozinha, de son vrai nom Josimar Jose Evora Dias, a débuté au Cap-Vert, à Batuque FC, puis au CS Mindelense. Son surnom, qui signifie « petite mamie » en portugais, lui a été donné par ses grands-parents. Sa carrière l'a ensuite mené dans des championnats aussi variés que l'Angola (Progresso), la Moldavie (Zimbru Chisinau), le Portugal (Gil Vicente), Chypre (AEL Limassol), la Slovaquie (AS Trencin) avant de rejoindre le GD Chaves, club de deuxième division portugaise.
La Coupe du monde représente de loin la plus grande scène jamais atteinte par le gardien. Son expérience et sa maturité ont été ses meilleures armes face à l'une des équipes les plus réputées techniquement au monde. « Notre meilleure arme, c'est notre unité. Peu importe le joueur qui arrive aujourd'hui, ou celui qui a 10 ou 15 ans, la façon dont nous traitons notre famille est notre plus grande force », a-t-il déclaré.
Un message de fierté et de détermination
Malgré la pression constante de l'Espagne, qui a enchaîné les passes et les occasions, la défense cap-verdienne, menée par son gardien, n'a jamais craqué. Les supporters du Cap-Vert, venus nombreux et très bruyants, ont porté leur équipe jusqu'au bout. Le résultat a été accueilli comme une victoire.
« Tout le monde pensait que nous étions venus ici juste pour profiter de la Coupe du monde, mais non, nous savons que nous avons des équipes que nous respecterons toujours, parce que c'est notre première fois, mais nous sommes ici pour rivaliser, et nous sommes ici pour nous battre pour notre pays », a conclu Vozinha, résumant l'état d'esprit d'une sélection qui entend bien ne pas faire de la figuration.