Des frappes d’ampleur en Crimée

La Crimée occupée subit l’une des plus importantes attaques ukrainiennes des derniers mois, a confirmé dimanche le gouverneur local désigné par Moscou, Sergueï Aksionov. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, ce dernier a fait état de quatre civils tués et de 28 blessés à la suite d’une « attaque de drones ennemis sur la péninsule de Kertch », la partie de la Crimée qui fait face au territoire russe. Il a également précisé qu’une personne avait trouvé la mort à bord d’un ferry et qu’un terminal pétrolier avait été touché dans la région voisine de Krasnodar, dans le sud de la Russie.

Suspension immédiate de la vente de carburant

Par une déclaration distincte, le gouverneur a annoncé que, depuis 9 heures locales dimanche, les stations-service de Crimée ne peuvent plus vendre de carburant au public. Seules les entreprises publiques continueront d’être approvisionnées. Cette mesure radicale intervient alors que plusieurs dépôts pétroliers et infrastructures énergétiques ont été la cible des frappes ukrainiennes. La compagnie locale Krymenergo a par ailleurs signalé qu’une partie de la péninsule était privée d’électricité à la suite des bombardements.

Revendication de Kiev

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué ces tirs, les présentant comme une réponse aux agressions russes. « La nuit dernière, nos sanctions à longue portée ont visé la logistique militaire, l’industrie pétrolière et la défense aérienne de l’occupant », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Selon lui, les forces ukrainiennes ont également frappé le pont de Crimée, qui relie la péninsule à la Russie continentale, ainsi que des radars et des systèmes antiaériens. Kiev qualifie ces attaques répétées de « sanctions à longue portée » et assure ne pas viser les civils.

Contexte énergétique tendu

L’Ukraine a intensifié ces derniers mois ses frappes de drones contre les infrastructures énergétiques russes, en particulier les raffineries. Début juin, une grande raffinerie de Moscou a été touchée à deux reprises. Selon des données publiées par un cabinet de recherche américain, environ un tiers des capacités de raffinage russes seraient actuellement hors service en raison de ces attaques. Kiev justifie cette stratégie par la nécessité de réduire les revenus pétroliers de Moscou, qui alimentent le budget de la guerre.

Rationnement et interdictions

Sur le territoire russe lui-même, plusieurs stations-service ont déjà instauré un rationnement du carburant. Les exportations d’essence sont interdites depuis le mois d’avril dernier. La combinaison des frappes ukrainiennes et des sanctions internationales pèse lourdement sur le secteur énergétique russe, qui peine à maintenir l’approvisionnement intérieur. Les autorités locales multiplient les annonces rassurantes, mais les mesures de restriction se multiplient.

Une guerre d’usure

Ces frappes interviennent alors que les combats sur la ligne de front restent quasiment figés et que les pourparlers diplomatiques n’ont pas abouti. La Crimée, annexée par la Russie en 2014, demeure une base logistique cruciale pour l’offensive russe en Ukraine. Les forces de Kiev, qui ont considérablement amélioré leurs capacités de drones longue portée, affirment pouvoir désormais frapper à leur gré le long du corridor terrestre que la Russie emprunte pour approvisionner la péninsule et ses troupes.

Bilan humain

Dans l’est de l’Ukraine, des frappes russes menées la même nuit ont fait trois morts, selon les autorités locales. Le conflit, qui dure depuis plus de quatre ans, continue de provoquer des pertes civiles et des destructions massives des deux côtés.