Une des dernières grandes figures de la révolution cubaine s’est éteinte. Ramiro Valdés, ancien commandant et proche allié des frères Castro, est mort à 94 ans, a fait savoir le chef de l’État cubain, Miguel Díaz-Canel, sur le réseau social X. Ce dernier a salué en lui un « père » et loué son « dévouement exemplaire au service de la patrie ».
Né en 1932, Valdés avait participé à l’attaque avortée de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953, aux côtés de Fidel Castro – action fondatrice du mouvement révolutionnaire. Il combattit ensuite dans la Sierra Maestra sous les ordres d’Ernesto « Che » Guevara avant la chute du dictateur Fulgencio Batista en 1958. Il était l’un des derniers survivants de cette épopée avec Raúl Castro, aujourd’hui âgé de 95 ans.
Artisan de l’appareil sécuritaire cubain
Au lendemain de la victoire, Ramiro Valdés occupa plusieurs postes stratégiques. Il fut à deux reprises ministre de l’Intérieur – charge qu’il exerça notamment durant les années 1960 – et exerça un mandat de vice-président du Conseil d’État. Il contribua à la mise en place du service de renseignement d’État, le G2, largement inspiré du modèle du KGB soviétique, instrument de surveillance et de répression de la dissidence. Il demeura un pilier du Parti communiste cubain, formation unique du pays.
Une disparition dans un contexte de réformes économiques
L’annonce de sa mort intervient alors que le Parti communiste vient d’approuver une série de mesures libérales inédites, la plus vaste réorganisation économique depuis la révolution. Le train de réformes prévoit une décentralisation accrue de l’économie d’État, l’extension du secteur privé, la libéralisation des importations et exportations sans intermédiation publique, ainsi que l’autorisation de banques privées et d’investissements des Cubains de l’étranger.
Miguel Díaz-Canel a rendu hommage à la « fidélité absolue » de Valdés envers « Fidel et Raúl », à ses camarades de lutte et au « programme de Moncada » dont il défendit la « juste essence ». Sa dépouille devrait être exposée au Panthéon des forces armées révolutionnaires à La Havane.