Cuba a été frappée lundi par une panne d'électricité généralisée, la troisième à l'échelle nationale depuis le début de l'année, ont indiqué les autorités locales. L'Union électrique, l'entreprise publique en charge du réseau, a précisé que l'origine de l'incident est en cours d'examen.
Des coupures de plus en plus sévères
Selon les informations fournies par le gouvernement cubain, l'île de 9,6 millions d'habitants est confrontée à des délestages d'une ampleur croissante. Dans certains secteurs de La Havane, les coupures dépassent 30 heures d'affilée, tandis que dans les zones rurales, elles peuvent s'étendre sur plus de 70 heures. Il s'agit là du huitième effondrement majeur du réseau depuis la fin de l'année 2024.
Le ministre cubain de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a déclaré que des protocoles de rétablissement du courant ont été rapidement mis en œuvre. « Les services vitaux continuent d'être protégés, dans cette situation complexe aggravée par le blocus énergétique auquel nous faisons face », a-t-il affirmé.
Un réseau sous pression
L'opérateur du réseau, l'UNE, a indiqué qu'il parvenait à fournir de l'électricité à certains services essentiels tels que les hôpitaux et les centres de production alimentaire. Toutefois, en fin d'après-midi, seuls 1 % de la demande de la capitale havanaise était couvert.
« Vivre ainsi, c'est un supplice », a confié Meyboll Font, une Havanaise de 51 ans travaillant comme gestionnaire de communauté sur les réseaux sociaux. Elle a évoqué les difficultés du quotidien dans un contexte où le manque d'électricité paralyse une grande partie de l'activité économique et sociale.
Le blocus américain en cause
Les autorités cubaines attribuent cette situation critique à la pression américaine croissante. Depuis le mois de janvier, le président américain Donald Trump a interrompu les livraisons de pétrole vénézuélien à destination de Cuba et menacé de tarifs douaniers tout pays qui fournirait ou vendrait du pétrole à l'île. Depuis cette date, selon les données disponibles, un seul pétrolier, en provenance de Russie, a été autorisé à franchir le blocus et à accoster à Cuba.
Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a accusé les États-Unis de chercher à « attiser les troubles sociaux en étranglant l'approvisionnement en carburant de Cuba ». Il a salué sur les réseaux sociaux le travail des employés du secteur électrique, qualifié d'« héroïque dans un contexte de blocus énergétique génocidaire ».
Des conséquences humanitaires
Cette pénurie de carburant intervient alors que l'économie cubaine était déjà profondément fragilisée par des décennies de sanctions américaines. Depuis fin 2024, l'État impose des coupures d'électricité de plus en plus drastiques sur l'ensemble du territoire, une mesure désespérée pour tenter de préserver les réserves de combustible.
En juin, le ministre cubain des Affaires étrangères avait déjà observé « aucun progrès » dans les négociations avec les États-Unis, laissant présager une aggravation de la crise énergétique. La panne de lundi illustre l'ampleur des défis auxquels le pays est confronté, entre un réseau vieillissant, un manque chronique de carburant et une pression diplomatique et économique maintenue par Washington.