Le parquet de Paris a requis, le 6 juillet 2026, une peine d'inéligibilité assortie d'une exécution provisoire à l'encontre de Marine Le Pen, dans le cadre du procès portant sur des soupçons d'emplois fictifs au sein du Rassemblement national (RN). Cette demande, si elle est validée par le tribunal, priverait la dirigeante de la possibilité de se porter candidate à l'élection présidentielle de 2027.
Ce réquisitoire intervient alors que Marine Le Pen, qui comparaît dans ce dossier aux côtés de plusieurs autres responsables du parti, a récemment déclaré ne pas craindre la décision des juges. « Je n’ai pas peur », avait-elle affirmé le 1er juillet 2026, tout en excluant l'hypothèse de faire campagne sous bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire évoquée dans le cadre de la procédure.
L'affaire, qui porte sur l'utilisation de fonds européens pour rémunérer des assistants parlementaires affectés en réalité au travail du parti, est l'une des nombreuses procédures judiciaires qui ont marqué la vie politique du RN depuis le début des années 2010. Selon plusieurs synthèses, c'est la première fois qu'une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire est requise à l'encontre de Marine Le Pen, ce qui en fait un tournant dans le feuilleton judiciaire du parti.
La décision du tribunal, attendue dans les semaines à venir, pourrait avoir des conséquences majeures sur le paysage politique français, alors que Marine Le Pen est régulièrement donnée favorite des intentions de vote pour la prochaine présidentielle. Le parti a immédiatement dénoncé une « tentative d'élimination politique » par voie judiciaire, tandis que les observateurs soulignent la gravité de la requête.
Contexte judiciaire
Depuis que Marine Le Pen a pris la tête du parti en 2011, celui-ci a été confronté à une série d'affaires judiciaires, allant des soupçons de financement illicite de campagnes électorales aux accusations de détournement de fonds publics. Cette procédure en particulier, instruite par le parquet de Paris, a donné lieu à des investigations approfondies sur l'emploi des assistants parlementaires européens du parti entre 2004 et 2016.
Réactions politiques
La dirigeante du RN, qui a déjà annoncé son intention de faire appel en cas de condamnation, estime que cette procédure est motivée par des considérations politiques. Ses avocats ont plaidé pour une relaxe, contestant les charges retenues. En attendant le délibéré, Marine Le Pen a poursuivi ses activités politiques, participant à des meetings et des déplacements, tout en réaffirmant sa détermination à se présenter à la présidentielle.
Enjeux pour 2027
Si la peine d'inéligibilité avec exécution provisoire était confirmée, Marine Le Pen serait dans l'incapacité de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, ce qui bouleverserait la donne politique. Le RN, qui avait déjà vu son fondateur Jean-Marie Le Pen condamné dans d'autres procédures, se prépare à toutes les éventualités, y compris la désignation d'un ou d'une candidate de remplacement.
Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement dans un délai qui n'a pas été précisé, mais les observateurs s'attendent à une décision rapide en raison des enjeux électoraux.