La précarité étudiante pousse une part croissante des jeunes à chercher un revenu complémentaire. Une étude de la Dares, publiée ces derniers jours, établit qu’un peu plus de la moitié des étudiants français (52 %) ont occupé au moins un emploi salarié sans rapport avec leur cursus au cours de l’année universitaire 2022‑2023. L’analyse porte sur 2,1 millions d’étudiants inscrits dans des filières sans parcours professionnel intégré.

Un phénomène plus marqué chez les plus jeunes et en premier cycle

L’activité rémunérée touche davantage les étudiants de première année. Le taux atteint 60 % à 19 ans, puis décroît progressivement pour tomber à 35 % à partir de 30 ans. En licence, section de technicien supérieur (STS) ou classe préparatoire, la proportion s’élève à 58 %, contre 41 % en master ou équivalent. Les auteurs de l’étude, Clotilde Nietge et Benjamin Mauer, expliquent cet écart par la présence plus fréquente de stages rémunérés en second cycle.

Femmes légèrement plus concernées

Les femmes sont un peu plus nombreuses à cumuler études et emploi : 54 % d’entre elles travaillent, contre 50 % des hommes. L’écart reste modeste mais statistiquement significatif.

CDD et multi‑contrats dominent

Le contrat à durée déterminée reste la norme : 66 % des étudiants actifs signent au moins un CDD dans l’année. Conséquence de cette temporalité, plus de la moitié (54 %) enchaînent ou superposent au moins deux contrats sur la période universitaire. Le contrat à durée indéterminée n’est pas absent pour autant : 28 % des jeunes qui travaillent ont eu recours à un CDI à un moment de l’année.

L’été, saison clé pour les jobs étudiants

Près de six étudiants actifs sur dix (59 %) décrochent au moins un emploi pendant l’été, défini par l’étude comme un contrat débutant entre le 1er juin et le 30 août 2023 et s’achevant avant le 30 septembre 2023. Pour 29 % d’entre eux, l’activité se limite exclusivement à cette période estivale, une tendance qui concerne surtout les 18 ans ou moins (40 %).

Les secteurs qui recrutent

Le commerce est le premier employeur des étudiants : 30 % d’entre eux y exercent au moins un contrat, comme vendeur, caissier ou manutentionnaire. Le secteur non marchand (administration publique, enseignement, santé) emploie 29 % des actifs, tandis que l’hébergement-restauration en attire 26 %.

Un contexte de hausse du coût de la vie

Cette étude intervient dans un climat de renchérissement du coût de la vie étudiante. Selon le syndicat Unef, l’augmentation des dépenses liées aux études et au logement s’élevait à 4,12 % à la dernière rentrée universitaire, accentuant la nécessité pour beaucoup de trouver des ressources supplémentaires.