Les États-Unis connaissent une flambée exceptionnelle de cyclosporose, une infection intestinale causée par le parasite Cyclospora cayetanensis. Selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), 1 645 cas confirmés ont été recensés dans 34 États au 21 juillet, et 141 personnes ont été hospitalisées. Les autorités fédérales indiquent par ailleurs être informées de plus de 5 100 cas supplémentaires non encore confirmés, un chiffre qui devrait encore augmenter, probablement jusqu’à la fin du mois d’août.
L’État du Michigan est le plus touché, avec 3 762 infections et 44 hospitalisations rapportées à la mi-juillet, soit le nombre de cas le plus élevé jamais enregistré dans cet État en une seule année. Habituellement, le Michigan ne compte que 40 à 50 cas par an. D’autres États comme l’Ohio, la Virginie-Occidentale, le Kentucky, la Caroline du Nord, l’Illinois, l’Indiana, le Maryland et le Texas présentent également des chiffres plus élevés que la moyenne.
Une source encore inconnue
Les enquêtes des autorités sanitaires fédérales et étatiques se concentrent sur plusieurs types de produits frais. Dans le Michigan, les « premiers signaux » pointent vers la laitue et les salades vertes, a indiqué la docteure Natasha Bagdasarian, médecin-chef du Michigan. Elle a toutefois précisé que cette piste n’était pas définitive et que d’autres aliments pourraient être identifiés. Aucun producteur ni fournisseur n’a encore été nommé.
Au niveau fédéral, Donald Prater, un responsable de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA), a déclaré lors d’une conférence de presse que plusieurs types de produits étaient examinés, dont la laitue. La chaîne de restauration rapide Taco Bell a retiré par précaution de son menu certains ingrédients, comme la laitue, la coriandre, l’oignon, le pico de gallo et le guacamole, sans que les autorités n’aient confirmé de lien avec les cas.
Lors des épidémies précédentes de cyclosporose aux États-Unis, les aliments incriminés avaient été la laitue et les mélanges de salades, les framboises, le basilic, la coriandre, les mélanges de fruits, les pois gourmands et les pois mange-tout.
Symptômes et transmission
Le parasite se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales humaines contenant les œufs (ookystes) du parasite, explique Keith R. Schneider, professeur de sécurité alimentaire à l’université de Floride. Une fois ingéré, le parasite met de deux jours à deux semaines ou plus pour provoquer des symptômes. Le principal signe est une diarrhée aqueuse, parfois explosive, accompagnée de crampes abdominales.
Les personnes infectées excrètent les ookystes dans leurs selles, mais ceux-ci ne deviennent infectieux qu’après une à deux semaines. Ce délai explique pourquoi la maladie ne semble pas se transmettre directement d’une personne à l’autre, précise le professeur Schneider.
Prévention et traitement
Les autorités sanitaires rappellent les gestes de prévention essentiels : se laver soigneusement les mains avant de manipuler des aliments, bien laver les fruits et légumes à l’eau courante, et cuire les aliments à des températures suffisantes. Il est également conseillé d’éviter de consommer des produits crus ou peu cuits en provenance de zones à risque, bien que la contamination puisse avoir lieu à n’importe quelle étape de la chaîne d’approvisionnement.
En cas de symptômes, il est recommandé de consulter un médecin. Le diagnostic repose sur un examen de selles. Le traitement fait appel à un antibiotique spécifique, le triméthoprime-sulfaméthoxazole. Les infections à Cyclospora entraînent rarement des complications graves et ne sont généralement pas mortelles, souligne le docteur Thomas Moore, spécialiste des maladies infectieuses à l’université du Kansas, même si une hospitalisation peut être nécessaire en cas de déshydratation sévère, en particulier chez les personnes vulnérables.
Une année record
Caitlin Rivers, épidémiologiste à l’école de santé publique Johns Hopkins Bloomberg, affirme que l’année 2026 est « en voie d’être la plus importante jamais enregistrée » pour la cyclosporose aux États-Unis. Depuis 2016, le CDC rapporte en moyenne environ 2 800 cas par an. La flambée actuelle dépasse déjà largement ce chiffre, et les experts redoutent que le nombre de cas ne cesse de croître jusqu’à la fin de l’été.