Les scènes de violences qui ont suivi la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions ont suscité une vive réaction de Manuel Valls. Invité de l’émission Face à Face sur RMC et BFM ce mercredi 3 juin, l’ancien Premier ministre a dressé un constat sévère sur la gestion de l’ordre public et la situation politique du pays.

« Ce pays marche sur la tête », a-t-il affirmé, en référence aux débordements perpétrés par des supporters après le sacre du club de la capitale. Selon lui, ces incidents ne relèvent pas d’un simple enthousiasme sportif, mais d’une dérive plus profonde. « On ne soutient pas une équipe de football en brûlant la France », a-t-il martelé, estimant que les actes de vandalisme et les affrontements avec les forces de l’ordre trahissent un malaise sociétal.

L’ancien chef du gouvernement a particulièrement critiqué l’attitude des autorités face à ces événements. « On donne le sentiment que l’État ne fonctionne pas », a-t-il déploré, pointant du doigt une réponse insuffisante et désorganisée. Pour Manuel Valls, les images de voitures incendiées, de magasins pillés et de rues dégradées renvoient une image d’impuissance qui alimente un sentiment d’insécurité et de défiance envers les institutions.

Une remise en cause de la doctrine du maintien de l’ordre

Au-delà des critiques, l’ancien Premier ministre a appelé à une refonte en profondeur des méthodes employées pour encadrer les rassemblements. « Notre doctrine du maintien de l’ordre sur ce type de faits doit être totalement revisitée », a-t-il déclaré. Il a estimé que les dispositifs actuels ne sont plus adaptés à la réalité des violences urbaines, notamment lorsqu’elles sont massives et rapides. Sans entrer dans le détail des mesures qu’il préconiserait, il a insisté sur la nécessité d’une « doctrine » plus ferme et mieux coordonnée entre les différents acteurs – police, préfectures, élus locaux.

Manuel Valls a également semblé faire un lien avec le contexte politique général. En évoquant un pays qui « marche sur la tête », il a suggéré que les débordements ne sont pas un phénomène isolé, mais le symptôme d’une crise plus large de l’autorité de l’État. Ses propos interviennent alors que le gouvernement fait face à des tensions récurrentes sur le terrain sécuritaire, et que le débat sur l’efficacité des politiques de maintien de l’ordre est régulièrement relancé après chaque épisode de violences urbaines.

Les déclarations de Manuel Valls, prononcées sur un ton très critique, devraient alimenter les discussions politiques dans les prochains jours, d’autant que l’ancien Premier ministre conserve une audience dans les médias et auprès d’une partie de l’opinion. Ses appels à une révision des pratiques policières pourraient être entendus au sein de la majorité comme dans l’opposition, même si les modalités concrètes d’une telle réforme restent à définir.

En attendant, les autorités locales et nationales doivent faire face aux conséquences matérielles et à l’image ternie par les incidents. Le PSG, de son côté, n’a pas officiellement commenté les débordements, mais le club avait appelé au calme avant la finale. Les enquêtes judiciaires en cours devraient permettre d’identifier les auteurs des exactions.