Le Sénat a débuté mardi 2 juin l’examen de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). Ce texte, présenté comme une réponse aux évolutions du contexte géopolitique, vise à porter l’effort de défense de la France à 2,7 % du PIB en 2030, contre environ 2 % actuellement.
Pour atteindre cet objectif, l’enveloppe prévisionnelle allouée aux armées serait accrue de 14 milliards d’euros par rapport à la trajectoire initiale. Cette somme supplémentaire, proposée par les sénateurs, doit permettre de financer des équipements, le renforcement des effectifs et l’entretien des capacités opérationnelles.
Les discussions au palais du Luxembourg portent sur les modalités de cette hausse des crédits. Plusieurs amendements ont été déposés par les différents groupes politiques, certains réclamant une accélération du calendrier d’investissement, d’autres interrogeant la soutenabilité budgétaire de l’effort.
Un contexte sécuritaire tendu
Cette actualisation de la LPM, qui couvre la période 2024‑2030, intervient dans un climat international marqué par le conflit en Ukraine, les tensions en Asie et les incertitudes sur l’engagement américain en Europe. Les sénateurs insistent sur la nécessité de doter la France d’un outil de défense à la hauteur des menaces.
Le projet de loi avait déjà été adopté par l’Assemblée nationale en première lecture. Le Sénat, qui examine le texte à son tour, devrait y apporter des modifications avant un vote prévu dans les prochaines semaines. La commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a déjà rendu un avis favorable sur le principe d’une hausse des crédits.
Un débat budgétaire inédit
Pour la première fois, le Parlement débat d’une actualisation de la LPM en cours d’exécution. Cette procédure, bien que prévue par la loi, est rare. Elle traduit l’urgence ressentie par les pouvoirs publics de réviser la planification financière des armées face à l’accélération des dépenses.
Les oppositions de gauche et d’extrême droite ont critiqué le choix de financer cette augmentation par des économies sur d’autres postes budgétaires, tandis que la majorité sénatoriale de droite et du centre défend une priorité claire accordée à la défense nationale. Des auditions de responsables militaires et de hauts fonctionnaires sont également prévues durant l’examen.
Le vote solennel au Sénat est attendu d’ici la fin du mois. Si le texte est adopté, il devra ensuite passer en commission mixte paritaire afin de trouver une version commune avec l’Assemblée nationale.